« Alors que l’agriculture française traverse une crise profonde, entre trésoreries fragilisées, aléas climatiques et accumulation des normes, l’État s’apprête à imposer une nouvelle contrainte aux exploitants : la généralisation de la facturation électronique.»
Une « simplification »… surtout pour l’administration
Plateformes difficiles à comparer, compatibilité des logiciels, mises à jour, e-reporting, gestion des acomptes et avoirs, formation : derrière la promesse de simplification se cachent de nouvelles procédures et de nouveaux coûts.
Toujours plus de clics, toujours plus de normes, toujours plus de temps devant un écran : quand laissera-t-on enfin les agriculteurs exercer leur métier ?
Et la situation devient presque ubuesque : des exploitants aux trésoreries déjà fragiles pourraient devoir payer de nouveaux outils simplement pour pouvoir facturer et être payés.
Bercy impose le numérique… mais ses propres systèmes sont attaqués
Cette réforme intervient alors que la DGFiP vient elle-même d’être victime d’une intrusion informatique. Un accès illégitime à son système d’information, intervenu fin juin 2026, a permis la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels.
Quelques mois auparavant, des accès frauduleux au fichier FICOBA avaient déjà concerné environ 1,2 million de comptes bancaires.
Comment Bercy peut-il imposer toujours davantage d’obligations numériques aux entreprises alors que ses propres systèmes montrent leurs vulnérabilités ? Avant d’imposer, l’État doit garantir que les dispositifs sont simples, sécurisés et réellement opérationnels.
La Coordination Rurale demande un report :
- le report de la facturation électronique pour les exploitations agricoles ;
- une solution nationale gratuite, simple et accompagnée pour les agriculteurs ;
- des garanties sur la sécurité des données et un suivi des coûts réellement supportés par les exploitations.
Pour Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale : « Les agriculteurs ne refusent pas le progrès. Ils refusent d’être les cobayes de réformes coûteuses et mal préparées. Avant d’imposer de nouvelles contraintes numériques aux agriculteurs, que Bercy commence par garantir que ses propres dispositifs sont prêts et sécurisés. »
Les agriculteurs ont besoin de produire et de vivre de leur métier. Pas d’une nouvelle procédure administrative à gérer.
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