Le 8 février dernier, le Conseil économique, social et écologique (CESE) organisait une table ronde sur le sujet de l’eau. Véronique Le Floc’h, présidente nationale de la Coordination Rurale, a rappelé à cette occasion, l’importance de cette ressource pour la souveraineté alimentaire. Elle a également évoqué l’intérêt des méthodes permettant de stocker l’eau en période de pluies (bassines, retenues collinaires) pour l’utiliser durant la saison sèche sans pour autant pénaliser les autres utilisateurs.

Bien entendu, la Coordination Rurale dût faire face à de nombreuses oppositions et critiques qui ne manquèrent pas d’une certaine fantaisie. Les détracteurs comparèrent les bassines avec le barrage d’Assouan. Une bassine agricole face à un ouvrage dont la construction prit plus d’une décennie, haut de 111m et long de 3800m. Un ouvrage dont la capacité de retenue est de 157 000 000 000 m³ (157 milliards) alors même qu’au regard des calculs alambiqués de nos accusateurs, les bassines plafonnent à quelques centaines de milliers de mètres cubes. Un édifice, situé au cœur de l’Égypte, dont le régime pluviométrique et les moyennes de températures sont quelque peu différents du quotidien hexagonal. Mais, au diable les détails. Lorsqu’on affabule, autant aller au bout de sa logique.

Ces sachants magnifiques ont également regretté la prise en charge intégrale des coûts par la puissance publique. Une nouvelle qui aurait sans doute enchantée ceux qui souhaitent faire construire des bassines. Malheureusement, elle est aussi erronée que grandiloquente. Le taux maximal de subventions plafonnant pour l’heure à 70 %.

Il y eut d’autres incohérences lancées à la cantonade, mais le but de ces quelques lignes n’est pas d’en dresser une liste exhaustive. Outre l’aspect totalement lunaire des propos tenus, ils sont le reflet d’un narratif à bout de souffle. D’une opposition sans fondement, dont l’unique préoccupation est de frapper l’agriculture pour endosser le costume du juste. Qu’importe la vérité et surtout qu’importent les conséquences du mensonge ?

Cela étant, le plus grave n’est pas là. Les allégations à l’encontre des bassines, dont nous avons donné quelques exemples, ne sont pas le fruit d’un groupuscule écolo-violent. Les insinuations n’ont pas été proférées par une secte environnementaliste dont le but ultime est l’éradication de l’agriculture. Ces déclarations assumées sont le fait d’un syndicat prétendument agricole dont l’opposition à l’agriculture est devenu un cheval de bataille. Un indice, sa dénomination commence par « confédération » et se termine par « paysanne ».

Que les syndicats agricoles n’aient pas la même vision de l’agriculture, cela va sans dire. Qu’ils tentent, autant que faire se peut, de faire pencher la balance de leur côté, est totalement logique. Qu’ils en viennent à comparer l’incomparable, à énumérer des contre-vérités pour finalement prêter main forte à ceux qui n’hésitent pas à user de violences contre leurs collègues (Sainte-Soline), on peut s’interroger. Ne faut-il pas que les masques tombent pour de bon et s’apercevoir enfin qu’une partie des agriculteurs rêvent de la disparition de l’agriculture ?

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