Passons sur les questions d'organisation qui ont forcé les participants à s'entasser dans des salles minuscules. L'atelier n°3 a centré ses débats sur les débouchés industriels de la bio économie. Henri Sergent, représentant de la CR, s’interroge sur la place de l’agriculteur dans les développements de l’atelier.

Il note plusieurs interventions qui vont de l’absurde à l’inquiétant. Comme par exemple pratiquer le couvert à outrance dans le seul but « d’alimenter » l’industrie agro-alimentaire ; pratique qui aura également pour conséquence d’accroître la demande d’intrants. Piégé, l’agriculteur devra alors faire appel aux fabricants pour se fournir, perdant ainsi son autonomie. Il note l’intervention de la FNSEA qui s’interroge sur la possibilité d’encercler les zones agricoles par des industries spécialisées dans le traitement de tous les sous-produits de l’agriculture. Enfin, il remarque que la rémunération des agriculteurs est évoquée comme un frein. Dans le cas de la méthanisation il est indiqué, par les représentants de la branche, que le prix moyen ne doit pas excéder 27€/ t brute. Si les marges de la méthanisation sont déjà évoquées, celles des agriculteurs n'ont donné lieu à aucun débat. Henri Sergent propose de recadrer économiquement le sujet et de rappeler que l’agriculteur est au centre du dossier (c’est lui qui produit !). La bio économie et l’économie circulaire doivent générer des revenus permettant une amélioration financière pour les exploitations et un gain d’autonomie. Si elles ne doivent pas ignorer l’agro-industrie elles ne peuvent être à son unique service. La CR craint surtout que les propositions faites dans cet atelier engendrent un regain de travail et de technicité pour les agriculteurs pour une rentabilité nulle voire négative.

 

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