La Commission européenne a lancé une consultation sur la modernisation et la simplification de la politique agricole commune (PAC). Alors qu’en 2011 l’exercice n’avait récolté que 5 000 réponses, la consultation 2017 semble intéresser un plus large public avec, à l’heure actuelle, pas moins de 74 000 avis. Et pour cause, bien que les agriculteurs soient les principaux concernés par cette consultation, les ONG, très friandes de ce genre d’exercice, se sont largement mobilisées.

Tous à vos claviers !

Parce que nos positions sont différentes, il est important que les paysans aussi expriment leur avis bien que cela demande de passer du temps devant un ordinateur alors que le travail sur l’exploitation ne manque pas, et d’avoir une bonne connexion internet… C’est bien pour relever ces freins et inciter les agriculteurs à se mobiliser que la Coordination Rurale a choisi de diffuser ses réponses. En effet, c’est bien le rôle d’un syndicat agricole que d’encourager les agriculteurs à se mobiliser pour cette consultation qui définira les nouvelles grandes lignes de leur profession. Par cette démarche, la CR souhaite aider et faire gagner un temps précieux aux agriculteurs qui accepteront d’apporter l’indispensable voix de terrain qui ne doit pas être couverte par celle de militants qui ne vivent pas de l’agriculture et qui prétendent sanctuariser nos champs ou humaniser nos animaux.

Cliquez ici pour consulter les réponses de la Coordination Rurale à la consultation

Bémol…

Les agriculteurs ont certes l’occasion d’exprimer leur opinion mais la CR est particulièrement critique concernant la méthode et la forme employées. Par ses questions fermées, la consultation ne permet pas de suggérer une réforme radicale de la PAC. De plus, une réelle ambiguïté existe dans certaines questions. Que doivent comprendre les contributeurs à l’item : « gestion durable de l’eau » ? Tout le monde souhaite une gestion durable de l’eau mais les solutions sont-elles de créer des retenues pour favoriser la production alimentaire et réduire les risques de sécheresse ou bien de réduire l’irrigation pour faire plaisir à une minorité qui n’a pas compris le principe du cycle de l’eau ? De la même façon à l’item « gestion des risques » faut-il comprendre qu’il faut anticiper et prévenir les risques (climatiques, sanitaires et économiques) en changeant radicalement de politique  ou céder aux lobbies des assureurs en acceptant un système d’assurances privées ?

À la Commission européenne  de prendre ses responsabilités

Plutôt que de lancer des consultations pour s’exonérer de ses responsabilités, la Commission doit, avec les gouvernants, assumer ses devoirs par une politique adaptée à l’application des traités, dont celui de Lisbonne, très précis dans son article 39, et ainsi : •    assurer le développement rationnel de la production agricole, •    assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, •    stabiliser les marchés, •    garantir la sécurité des approvisionnements, •    assurer des prix raisonnables dans les livraisons aux consommateurs.

La CR encourage tous les agriculteurs à participer à cette consultation qui est ouverte jusqu’au 2 mai 2017 sur internet à l’adresse suivante : https://ec.europa.eu/agriculture/consultations/cap-modernising/2017_fr

En tant que syndicat agricole représentatif, la Coordination Rurale a également fait parvenir sa contribution à la Commission européenne. Pour la consulter, cliquez ici.

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