À l’occasion de notre 28e congrès national, organisé le 2 décembre à Vichy, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, s’est prêté au jeu des questions/réponses avec les agriculteurs présents. Il est ainsi revenu sur différents sujets qui font du bruit dans la campagne.

Stockage de l'eau

Interpellé par le président de l’association de gestion de l’eau dont 2 bassines ont été détruites, le ministre a reconnu la légitime colère des agriculteurs agressés. Pour l'avenir et comme convenu par le récent décret, il promet un renforcement des études préalables et le renforcement des arguments scientifiques pour « sanctuariser » l'importance des ouvrages de collecte de l'eau. Une décision qui va dans le bon sens et se veut rassurante. Si la CR apprécie la réduction des délais de recours, elle regrette que cela pèse encore sur l’agriculteur qui devra fournir un dossier encore plus dur ; mais surtout cela ne règle pas la question des ouvrages déjà réalisés et dont on a besoin.

Comptage du loup

Le représentant CR au Groupe national loup demande au ministre quel moyen il allait mettre en œuvre pour que le comptage des loups y compris au sein des meutes soit efficient et ce avec les réticences affichées de l’OFB. Puisqu’en effet, un semaine auparavant le directeur général de l’OFB a indiqué qu’il ne voyait pas l’intérêt de compter les effectifs dans chaque meute. Le ministre a abondé dans le sens de la Coordination Rurale en assurant avoir une approche « humaine » de la question et basée sur des données objectives rendues par les prochains comptages. Dans l’esprit du nouveau comptage, le ministre a assuré qu’il donnerait les moyens pour répondre à cette nécessité.

Aides PAC après 67 ans

Une agricultrice a demandé au ministre pourquoi avoir imposé une limite d’âge à 67 ans pour percevoir des aides PAC alors que les agriculteurs peinent à trouver des repreneurs et qu’ils ne peuvent, contrairement aux autres professions, cumuler l’emploi agricole et retraite. Le ministre s’est dit « le premier étonné quand ce critère a été proposé par la profession ». Il a indiqué avoir mis ses équipes sur le sujet afin de proposer des « exemptions spéciales » pour les plus âgés ayant un besoin réel et justifié de poursuivre leur activité. « Une porte de sortie pourrait être d’empêcher de cumuler sa retraite avec les aides de la Pac », a-t-il proposé. Il a indiqué réunir prochainement les organisations professionnelles agricoles sur le sujet.

EGAlim 2

Élevage : Le Ministre a été clair sur un point qui motive l'application de la loi EGAlim 2 : un statu quo en élevage allaitant n'est pas concevable. Selon lui, la contractualisation semble donc être une solution pour sortir de l'ornière cette filière fragile et désorganisée. L'objectif est d'introduire de la régulation dans les relations commerciales de l'amont à l'aval. La loi EGAlim 1 a été un échec car l'aspect facultatif de l'application des mesures y était inscrit. D’où cette volonté de la durcir en apposant le caractère obligatoire. « Si pour cette nouvelle loi on laisse le caractère facultatif à la contractualisation, les industriels refuseront massivement les contrats si ces derniers ne les arrangent pas, et le système de prise en compte d'indices tombe à l'eau ». Le jeu de dupes auxquels s'adonnent chaque année les industriels et les distributeurs sur le dos des éleveurs ne peut plus durer. Les contrats pourront être indexés de manière automatique sur des indices de coûts de la matière première. Dans le cadre de la bonne application de cette loi, le ministre souhaite multiplier par 4 les contrôles par la DGCCRF. Enfin, la mise en place de clauses miroirs sur les antibiotiques de croissance est primordiale. La CR a renouvelé son opposition à cette contractualisation obligatoire dans la filière allaitante.

Grandes cultures (dont les betteraves et les pommes de terre) : Pour des productions ayant déjà des contrats pluriannuels, la problématique est toute autre. En effet, dans ces cas où la contractualisation aurait pu apporter une stabilité et une réelle prise en compte des coûts de production, ce sont les interprofessions qui ont bloqué en demandant une dérogation pour la non application de la loi. La CR lui a rappelé la problématique du poids des producteurs dans ces interprofessions au sein desquelles ils sont méprisés.

Importations toxiques

N’ayant pas assisté à la table ronde du matin, le ministre n’a pas abordé le fait que l’agriculture pouvait être délibérément la variable d’ajustement dans la guerre commerciale internationale. Il a tout de même rappelé son combat pour la réciprocité dans les échanges qui sera la priorité de la présidence française, à commencer par une clause miroir sur les antibiotiques ayant un effet sur la croissance.

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