Dans le message de sensibilisation aux économies d’eau diffusé sur les radios, une voix masculine simulant le rôle d’un agriculteur déclare : « …et j’arrose pas en plein soleil ! ». Les producteurs de grains ne peuvent être qu’offusqués par cette affirmation lourde de conséquences.

L’irrigation diurne n’a pas à être diffamée pour de nombreuses raisons :

  • Dans les régions où il n’y a aucun problème de disponibilité de la ressource en eau et donc pas de restriction, ces propos nuisent à l’image des agriculteurs,
  • La quantité d’eau perdue lors de l’aspersion « en plein soleil » est infime, de plus, le phénomène de l’évaporation qui absorbe de la chaleur contribue à lutter contre la canicule,
  • Pour arroser seulement la nuit, il faudrait doubler les installations d’irrigation car celles-ci sont étudiées pour apporter, en fonctionnant 24H/24, la dose exacte permettant d’éviter un déficit hydrique et donc une souffrance des plantes,
  • Les arrêts et redémarrages des installations d’irrigation entraînent des pertes d’eau et d’énergie, pouvant être supérieures aux économies minimes présumées.

En fait, on ne condamne que ce qui est visible car les grands jets des canons d’irrigation choquent un certain public. Contraindre les agriculteurs à n’irriguer que dans la pénombre en les cachant comme s’ils étaient des voleurs est inacceptable. Le travail de nuit est plus dangereux et il est soumis à des règles différentes pour les salariés. En outre, les agriculteurs qui font déjà de nombreuses heures dans la journée, ne peuvent détériorer plus encore leurs conditions de travail et leur vie de famille.

Le ministère devrait par contre rétablir un certain nombre de vérités car « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Ainsi, toute plante prend de l’eau puis la rend en respirant et en transpirant. Les forêts utilisent d’ailleurs beaucoup plus d’eau que les cultures, irriguées ou non. Tous les végétaux jouent un rôle primordial pour réguler et rafraîchir le climat, en particulier en période de canicule. Pour le comprendre, il suffit de comparer en ce moment les températures moyennes journalières en zones rurales par rapport aux zones urbaines.

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