Du fait de la dégradation des trésoreries des agriculteurs, certains groupes coopératifs et négoces proposent aujourd’hui des formules contractuelles d’avances aux cultures. Il s’agit d’une alternative en principe relativement souple évitant aux agriculteurs le montage de prêts à court terme auprès d’une banque.
Pourtant, derrière ces offres attrayantes, la Coordination Rurale attire l’attention des agriculteurs sur les conséquences auxquelles ils s’exposent. Une lecture attentive des clauses du contrat proposé est indispensable avant tout engagement.

Le fait qu’un organisme stockeur (OS) se substitue à une banque peut paraître d'une grande générosité de la part de celui-ci mais il est important que les agriculteurs prennent conscience des potentiels risques sous-jacents.


Risque n°1 : des produits phytosanitaires plus chers

Dans cette situation, la marge de négociation des prix d'achat par l'agriculteur est nulle et les choix de produits ne sont pas forcément ouverts.
Ainsi, des écarts de prix pouvant atteindre 20 % sur les phytos, les semences et les engrais ont été observés.


Risque n°2 : des sécurités pour l’OS qui coûtent cher aux agriculteurs

Afin de s’assurer que l’agriculteur le remboursera, il est fort probable que l’OS se sécurisera avec :
     - l’obligation d’une assurance aléas climatiques (facturée entre 40 et 60 € par hectare) ;
     - un nantissement des aides PAC, s'il n'est déjà fait par ailleurs ;
     - d'autres mesures qui pourraient avoir des conséquences sur le foncier ou autres si les aides PAC sont déjà engagées. Cette dernière contrainte peut donc avoir des conséquences dramatiques pour l’exploitant.


Risque n°3 : des ventes bon marché

Les prix de vente de la prochaine campagne s'annoncent déjà bas. Il est important pour un agriculteur de conserver la meilleure marge de manœuvre dans ses ventes. Toutes conditions d’engagement, si elle ne peut être évitée, doit être stipulée avec précision sur le document contractuel.

Comme les prêts à court terme proposés par Stéphane Le Foll, cette technique d'assouplissement de trésorerie peut être appréciée par certains agriculteurs aux abois, mais attention il ne faut pas s'y tromper : cela peut devenir un gros piège !
L'agriculteur qui s'engage dans cette voie doit examiner tous les points de l'accord signé et ne pas avoir de scrupules à les négocier car en principe, aucun cadeau n’est fait. D'une façon générale, une bonne négociation de trésorerie doit se faire de préférence auprès d'un banquier et non auprès d'un acteur du marché comme une structure OS.

Ces alléchantes présentations peuvent devenir des outils d’intégration et entraîner les agriculteurs à leur perte, il est important que ceux-ci en soient conscients.

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