Protection des cultures • Distorsion de concurrence • Réglementation communautaire

Quelques mois après la censure partielle de sa première initiative par le Conseil constitutionnel, le sénateur Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi visant à autoriser de manière temporaire et strictement encadrée l’utilisation de l’acétamipride et du flupyradifurone. Ces substances, toujours autorisées dans plusieurs pays de l’Union européenne, représentent aujourd’hui un levier essentiel pour certaines filières agricoles confrontées à de véritables impasses techniques.

Des impasses techniques majeures en arboriculture

Pour la filière fruits et légumes, l’enjeu est loin d’être théorique. En arboriculture, plusieurs productions françaises subissent une
pression parasitaire croissante mettant en péril les rendements et la qualité des récoltes.

  • Pommier : attaques de puceron cendré et de puceron lanigère,
    entraînant déformations des fruits et affaiblissement des arbres.
  • Cerisier : forte exposition à Drosophila suzukii,
    responsable de pertes de récolte parfois considérables.
  • Noisetier : dégâts du balanin, un charançon compromettant directement
    la qualité commerciale des fruits.

L’acétamipride, un outil encore indispensable pour les producteurs

Dans ce contexte, l’acétamipride constitue l’une des dernières solutions insecticides efficaces contre les ravageurs piqueurs-suceurs et certains insectes émergents. Les alternatives disponibles s’avèrent souvent moins performantes, difficilement mobilisables ou insuffisantes à grande échelle.

L’absence de solutions pleinement opérationnelles place ainsi les producteurs français dans une impasse, tandis que des fruits importés, cultivés avec ces mêmes substances, continuent d’alimenter le marché national. Cette situation crée une distorsion de concurrence majeure,
dénoncée de longue date par la profession agricole.

La position claire de la Coordination Rurale

Face à la multiplication des ravageurs et à la réduction continue des outils de protection des cultures, la Coordination Rurale dénonce une mise en difficulté progressive des producteurs de fruits et légumes.

Le syndicat appelle notamment :

  • À l’application complète du projet de loi OMNIBUS et de la loi Duplomb, sans remise en cause ultérieure.
  • À une application stricte du droit européen, mettant fin aux surtranspositions nationales.
  • À une égalité de traitement entre agriculteurs européens sur l’ensemble du marché intérieur.
  • À des décisions fondées exclusivement sur les évaluations scientifiques européennes.
  • Au maintien et renforcement des dispositifs de biocontrôle et des substances à faible risque.
  • À un allongement des délais de grâce en cas de non-renouvellement, afin d’éviter toute impasse technique brutale.

La Coordination Rurale rappelle qu’aucune interdiction supplémentaire ne doit être décidée sans alternatives efficaces, disponibles et économiquement viables pour les agriculteurs.

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