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La section porc répond à FNE

La section porc répond à FNE

France Nature Environnement (FNE) nous a envoyé un courrier de soutien à l’immunocastration des porcs comme alternative à la castration chirurgicale, cosigné par CIWF France et Welfarm. Ce courrier a également été envoyé au ministre de l’Agriculture et au directeur d’Inaporc.

Retrouvez ici le courrier reçu.

La section Porcs de la CR a répondu à ce courrier le 20 janvier :
« Suite à l’envoi de votre courrier de soutien à l’immunocastration et de demande de son acceptation en agriculture biologique envoyé à Inaporc, nous avons souhaité vous écrire pour vous faire part de nos observations.
L’étude sur laquelle se fonde ce courrier est consultable en entier sur le site d’IPEMA et ne dit pas du tout la même chose que ce vous écrivez dans votre courrier. « Il y a lieu de dire aux consommateurs la vérité sur l’immunocastration ils sont capables de la comprendre, comme l’indiquent les études sur la question. Les derniers sondages montrent que cette pratique est largement acceptable pour le public : 75% des Français se sont prononcés en ce sens et les consommateurs ont exprimé une opinion favorable à l’achat de produits mentionnant clairement cette pratique. » Mais il ne s’agit là que d’un résumé.
Cette étude se base sur des réponses recueillies par échantillonnage de convenance. Les répondants ont été recrutés avec un biais particulier pour inclure les intervenants professionnels. En conséquence, l’échantillon n’est en aucun cas représentatif de la population. En effet, dans l’étude on peut lire :
«  Les réponses ont été recueillies par échantillonnage de convenance , La majorité des répondants avaient un diplôme universitaire (équivalent maîtrise) comme diplôme le plus élevé (66%) […] » « L’implication professionnelle était de 24% et était étroitement liée à la production porcine (71%), 37% travaillant comme chercheur, 24% vétérinaire, 18% agriculteur, 14% secteur de la transformation, 12% chaîne d’approvisionnement et 7% boucherie ou commerce de détail. […] »
« Le pourcentage global de totalement acceptable était de 53% pour la castration avec anesthésie (ANAE), 38% pour l’immunocastration (IMMUNO), 20% pour la production de verrats (SANGUIN) et 10% pour la castration sans anesthésie (CONTROL) […] »
Pour la Coordination Rurale, il est important de rappeler certains éléments de mise en contexte. L’immunocastration, une vaccination avec Improvac®, est une immunisation active contre le GnRH, une hormone clé de la cascade endocrinienne régulant les fonctions testiculaires. Pour induire des anticorps anti-GnRH, deux vaccinations consécutives sont effectuées à un intervalle d’au moins 4 semaines. L’immunocastration permet de supprimer de manière fiable l’odeur de verrat si la deuxième vaccination est effectuée environ 4 à 6 semaines avant l’abattage. Le délai recommandé entre la deuxième vaccination et l’abattage est d’environ 4 à 5 semaines pour permettre l’élimination des composés déjà présents dans le tissu adipeux. Même si des études à long terme ont révélé une reprise de la fonction testiculaire après 10 à 24 semaines, une troisième vaccination est suggérée si les animaux sont abattus à un âge plus avancé, par exemple en production biologique ou avec certaines races autochtones.

Par ailleurs, l’injection doit se faire en sous-cutanée à la base de l’oreille, ce qui n’est pas une mince affaire. Le principal risque pour l’opérateur est une auto-injection du vaccin. Le GnRH est crucial pour la reproduction et il n’existe aucune différence dans la séquence des acides aminés du GnRH entre les porcs et les humains. Une vaccination accidentelle contre le GnRH entraînerait donc une infertilité transitoire, chez l’homme comme chez la femme. Il est évidemment important de préciser que 4 à 6 semaines avant l’abattage le porc pèse environ 100 kg. Le risque n’est pas négligeable pour la personne qui vaccine, de se faire bousculer et de s’injecter le vaccin par accident. La mise en œuvre n’est pas réalisable par une seule personne. La procédure est lourde et difficile à réaliser dans un élevage en bâtiment, et encore plus en élevage de plein air. La méthode engendre une grande surcharge de travail pour les éleveurs et les salariés, et les expose à une vaccination accidentelle.

Aussi, pour les éleveurs qui doivent maintenir une production de mâles castrés, la CR insiste pour que l’alternative choisie soit laissée à l’appréciation de l’éleveur et ne constitue en aucun cas une préconisation d’une quelconque association qui n’a nullement les connaissances techniques de la conduite d’un élevage de porc. »