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Je veux retrouver la fierté de mon métier, Témoignage de Serge Jousselme

Je veux retrouver la fierté de mon métier, Témoignage de Serge Jousselme

«C’est en 1963 que commence l’histoire de notre exploitation familiale avec la création d’un bâtiment pour accueillir notre premier élevage de porcs. C’est mon grand-père et mon père qui décident de le construire, car la demande de l’abattoir de Gap est forte et la production de viande de porc est insuffisante dans le département des Hautes-Alpes.
En 1989, je reprends l’exploitation familiale avec ma mère, et je deviens naisseur-engraisseur, ce qui a permis de créer un emploi.
Depuis 1963, nous travaillons selon notre expérience de terrain et notre «bon-sens paysan», comme on dit, mais également selon des cahiers des charges et des normes très stricts.
Depuis mon 1er dossier, déposé en 1998, j’ai sans cesse eu affaire à des détracteurs qui s’opposaient à mon activité d’éleveur de porcs.

J’ai fait le choix d’engager mon élevage dans des démarches de qualité depuis de nombreuses années. En effet, je respecte le cahier des charges porcs de montagne, ce qui signifie qu’au moins 25 % des céréales d’alimentation doivent provenir d’une culture de montagne, et que les porcs ont 180 jours d’âge au moment de l’abattage.

De plus en étant qu’éleveur dans les Hautes-Alpes, j’ai naturellement fait le choix de la commercialisation locale et en circuits court. Je travaille donc avec l’abattoir de Gap et je commercialise ma production grâce au Montagnard des Alpes, aux bouchers, charcutiers, et salaisonniers locaux.

Ensuite, je travaille sans antibiotiques en préventif depuis 10 ans et bien sûr sans OGM. L’ensemble de la fabrication de l’aliment s’effectue directement à la ferme, avec des céréales de montagne et le processus de fabrication est alimenté avec de l’énergie renouvelable (panneaux photovoltaïques).
Enfin, et surtout, mon élevage est une exploitation familiale et à taille humaine. Nous la gérons quotidiennement à deux, avec mon épouse, qui est salariée de l’exploitation.

Je ne souhaite à personne de vivre le même acharnement que ma famille et moi-même avons subi ces dernières années. Aucune famille qui travaille honnêtement ne mérite que l’on s’acharne sur ses projets professionnels et de vie ! Ces attaques touchent aussi bien les parents que les enfants et les grands-parents, et tous sont affectés dans leur sécurité et leur équilibre.
Aujourd’hui ma mère est atteinte d’une grave dépression, ma fille se retrouve à défendre ses parents sur des sujets qui la dépassent et mon couple doit continuellement se défendre face à des accusations infondées et mensongères !

Je remercie Sébastien Guion d’avoir pris contact avec la MSA qui a reconnu notre épuisement professionnel et nous a permis de prendre trois jours de recul et de repos pour retrouver notre santé morale.

Mon souhait le plus cher est de poursuivre mon activité professionnelle afin de subvenir aux besoins de ma famille, de transmettre mon outil de travail à la future génération et, enfin, de retrouver la fierté d’être un acteur économique de notre région, reconnu pour son sérieux et son respect des autres.»