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La culture de blé dur mise à mal

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La culture de blé dur mise à mal

Un peu d’histoire…

La culture du blé dur est apparue dans la région de la Beauce dans les années 70. Les agronomes, qualifiaient cela d’impossible, compte tenu de la situation géographique jugée trop au Nord. À leur grand étonnement, la production s’y est très bien développée, notamment sur certains cantons irrigués en argilo-calcaire superficiel. Maximilien Vangeon, président de la CR 28, tient à rappeler qu’avec ses 600 mm d’eau par an, la Beauce a un climat suffisamment adapté à cette production.

Le blé dur mis à l’épreuve

Mais depuis une dizaine d’années, la culture de blé dur de Beauce a été mise à mal. La faute notamment aux normes, aux réglementations sur les mycotoxines, aux nouvelles demandes de qualité et la bataille des prix.

Selon les acheteurs, la culture beauceronne n’était plus bonne par rapport aux blés durs concurrents du Canada, premier exportateur de blé dur.

Rien d’étonnant là-dedans puisque les cultures ne sont plus traitées de la même façon. Alors que le gouvernement veut supprimer l’emploi du glyphosate en France, il importe sans complexe des millions de tonnes de blé dur canadien contenant des résidus élevés de glyphosate ; du blé qui ne répond absolument pas à la loi française !

Pour rappel, l’article 44 de la loi Egalim stipule « qu’il est proscrit de proposer à la vente ou de distribuer à titre gratuit, en vue de la consommation humaine ou animale, des denrées alimentaires ou produits agricoles pour lesquels il a été fait usage de produits phytopharmaceutiques ou vétérinaires, ou d’aliments pour animaux non autorisés par la réglementation européenne, ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par la réglementation. » (cf non-respect de l’article 44 de la loi Egalim, à retrouver ici : https://www.coordinationrurale.fr/article-44-quand-sera-t-il-enfin-applique/ ).

Mais encore faudrait-il que la France applique ses propres lois !

Pénurie et hausse des prix

Depuis quelques semaines les fabricants de pâtes français s’inquiètent d’une pénurie de blé dur, pouvant entraîner une hausse du prix des pâtes, pour cette année 2021, suite à la mauvaise moisson due au dérèglement climatique. « Ils devraient surtout s’inquiéter de la baisse du nombre d’agriculteurs au fil des années. Ce n’est pas quand il n’y aura plus d’agriculteurs en France qu’il faudra s’inquiéter d’une pénurie ou d’une hausse des prix due cette fois aux importations. Peut-être faudrait-il également remercier les médias qui accablent sans arrêt le monde agricole et le dépeignent comme responsable de la pollution en usant de titres accrocheurs comme : « les pâtes contiennent du glyphosate», sans mentionner l’origine de ces pâtes», s’agace Maximilien Vangeon, qui rappelle que, pour pérenniser le métier d’agriculteur en France, l’État doit arrêter d’être complice et acteur de la concurrence déloyale.