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La CR68 défend la régulation dans le secteur laitier

La CR68 défend la régulation dans le secteur laitier

En 2015, les quotas laitiers seront amenés à disparaître : une « révolution » selon la coopérative Sodiaal, une catastrophe pour les producteurs de lait.
Des conséquences désastreuses pour les producteurs.

Si la CR reconnaît que le système de quota n’était pas parfait, elle considère qu’il avait au moins le mérite de poser un cadre à la production, plutôt que de libéraliser à tout va.
Puisque c’est sa rareté qui fait la valeur d’un produit, il est évident que plus il y aura de lait sur le marché, moins le prix sera élevé. Sans régulation européenne, les producteurs ne pourront pas obtenir de prix rémunérateurs, par conséquent, il ne pourront plus continuer à produire un lait de qualité.

Les industriels se frottent les mains

Les industriels voient la fin des quotas d’un bon œil : il pourront continuer à gérer la surproduction et tirer les prix vers le bas.
Face aux inquiétudes des producteurs alsaciens, c’est sans complexe que les responsables de Sodiaal ont déclaré qu’ « une coopérative n’est pas un service social […]. Il appartient à chacun de faire un effort de productivité ».
Les laitiers font des efforts depuis de nombreuses années, mais ne reçoivent rien en retour !
Cette année, la collecte a augmenté de 4% pour s’établir à 24 milliards de litres, un niveau jamais atteint depuis plus de 20 ans. Et en moyenne sur la campagne 2011-2012, le litre de lait a été payé 0,329 € au producteur. Il faudrait un prix minimum de 0,40 € pour qu’il soit rémunérateur.

Denis Nass, le président de la FDSEA 68, ne souhaite pas que les producteurs soient la variable d’ajustement. C’est pourtant ce qu’ils sont depuis des années, la faute à une politique laitière inadaptée.
De plus, avec la contractualisation dans la forme voulue par les industriels, les agriculteurs sont en train de devenir des producteurs de matières premières avec le risque du capital !

La solution est ailleurs

Il est temps que les producteurs de lait reprennent la place qui est la leur, prennent en main la gestion des volumes en fonction d’un prix de base rémunérateur (c’est à dire tenant compte des coûts de production, de la rémunération du travail et du capital, et de l’astreinte).
La régulation des volumes est une nécessité et elle passe par le regroupement des producteurs en toute indépendance des transformateurs. C’est évidemment à l’échelon européen par la création d’une agence de régulation que la construction de cette nouvelle politique est réalisable.

La CR défend une une agriculture agriculture de qualité, nourricière, la plus respectueuse possible de l’environnement. Cette agriculture n’a certes pas de prix, mais elle a un coût ! Et l’agriculteur ne pourra plus longtemps supporter seul ces efforts !