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La CR50 rencontre Agrial

La CR50 rencontre Agrial

Suite aux actions menées par la CR50 devant Agrial pour dénoncer les prix bas payés aux producteurs, la coopérative a proposé de rencontrer les représentants de la CR50. Le 12 février dernier, une délégation composée de Jean Philippe Yon, président de la CR50, Jean Jacques Pesquerel, président de la CR14, Sophie Lenaerts, responsable de la section lait de la CR Nationale, et un producteur de la coopérative a rencontré les principaux représentants élus de la branche lait d’Agrial.

Lors de cet entretien, plusieurs sujets ont été évoqués, les marchés laitiers, la stratégie d’Agrial et son calcul des prix, ainsi que et la loi EGAlim.

Les marchés laitiers

Agrial a expliqué que la crise sanitaire liée à la Covid-19 avait directement impacté la consommation laissant penser dès le début qu’une surproduction était à craindre. C’est principalement la restauration hors domicile et la baisse des exportations qui a bouleversé les marchés.

La stratégie d’Agrial

Les représentant ont expliqué que la stratégie de la coopérative repose sur la valorisation de la protéine du lait et du sérum, le développement des marques (grand fermage, soignon, 300 et bio…), de l’innovation pour aller chercher des places dans les GMS et du développement à l’international. Tout cela accompagné d’un plan d’amélioration qui, d’après leurs dires, leur a permis de passer la crise.

« Que ce soit avec Agrial ou les autres entreprises, lorsque les coûts de production sont évoqués, quel est réellement ce coût ? Aujourd’hui, même les 403€/1000 litres sont obsolètes, et même en étant en retard d’une guerre, nous n’arrivons toujours pas à appliquer ce prix de 403€. Aujourd’hui, bon nombre d’agriculteurs sont à bout. Les faits est là, nous n’avons pas un prix qui couvre nos coûts de production, quoi que l’on fasse. Alors pourquoi les entreprises prennent les curseurs les plus bas ? Pourquoi ne pas valoriser au réel notre production ? Il y a une détresse qu’il faut entendre, nous ne souhaitons pas faire du mal à nos entreprises, mais notre profession souffre parce que le prix n’est pas là. Nous devons prendre les bons curseurs !! Un curseur réel ou tout le monde s’en sort ! » explique Sophie Lenaerts, responsable de la section Lait de la CR.

La loi EGAlim

La loi dit « comment prendre en compte les coûts de production ? »

Pour parvenir à déterminer le prix du lait, les représentants d’Agrial ont expliqué que la coopérative utilise 3 outils. Le premier est le « mix » ce qu’ils appellent la « réalité des valorisations ». Le deuxième est une formule qui découpe le mix en 4 permettant d’isoler la partie intégrant les coûts de production. Le troisième est une proposition du conseil des métiers.

« Concernant les coûts de production, Agrial nous a expliqué que sur le territoire français, la loi devait être appliquée mais que pour l’exportation, les EGA ne servaient à rien » explique Jean Philippe Yon, président de la CR50, « mais pour nous, les producteurs, pour que nous puissions vivre dignement de notre métier, il faudrait absolument que les collecteurs prennent en compte les coûts de production !! Le CNIEL a publié en novembre dernier l’indicateur de production pour 2019, il était évalué à 403 euros/1000 litres. C’est un premier pas vers la réalité du terrain, et pourtant le fossé est encore grand entre le prix payé pour notre lait et le prix rémunérateur incluant nos coûts de production. »