L'info régionale

Réseaux sociaux

La CR10-Fidda à la rencontre des élus de la liste « Debout la France »

Debout la France

La CR10-Fidda à la rencontre des élus de la liste « Debout la France »

Mardi 9 avril 2019, la Coordination Rurale de l’Aube-FIDDA accompagné des membres de la CR51 et de la CR52, ont rencontré le Sénateur de la Moselle Jean-Louis Masson, ainsi que Marie-Jo Zimmerman, députée de la Moselle et 4ème candidate de la liste Nicolas Dupont-Aignan pour les prochaines élections Européennes. Les candidats de la liste « Debout la France » font le tour des campagnes en vue de recueillir les demandes et les attentes des citoyens.
Quel avenir pour les problématiques agricoles qui seront débattues au niveau européen?

Rencontre avec les politiques

Selon le Sénateur, l’esprit de la PAC (politique agricole commune) avait déjà été dénaturé par l’Angleterre et le brexit n’était finalement pas une si mauvaise nouvelle. Malheureusement, « quand on a besoin d’argent, c’est sur le pilier de la PAC que l’on se sert. ». On a tendance a considéré la PAC comme une industrie.
Pour le sénateur, il est plus important d’utiliser consciemment cet argent public afin de maintenir le tissu rurale dans les campagnes, notamment par le biais de l’agriculture. Elu indépendant, M. Masson porte un intérêt particulier sur la réalité du tissu qui tient la ruralité dans les campagnes.
Dans son département (57), il voit la disparité entre la ruralité et l’urbain.

Pour Marie-Jo Zimmerman, la PAC concerne un ensemble de pays qui à la base étaient au nombre de 6, puis sont passés à 28. La PAC n’a pas suivi l’évolution. De ce fait, le budget européen doit être reparti sur 28 et les normes diffèrent. Christophe Sichnknecht, vice-président de la CR 10-Fidda dénonce le manque de liberté d’entreprendre, qui diminue d’année en année. Le PIB est passé de 0,9 à 1,2 seulement en 60 ans !

LE PIB

Entre « 1960 » et « 2004 », le volume de la production agricole totale a doublé. Il en est de même de celui de la valeur ajoutée brute. La valeur de la production hors subventions a été multipliée par plus de 7 en valeur courante et par 8 si on la mesure au prix de base, c’est-à-dire y compris les subventions liées à la production.

En revanche, en termes réels, c’est-à-dire après déflation par l’évolution de l’indice de prix du PIB, la valeur de la production agricole totale hors subventions a diminué de 16 % en 44 ans. La valeur au prix de base a diminué aussi, mais seulement de 4,5 %.

Cette évolution est la conséquence de la forte baisse des prix des produits agricoles en termes réels, non compensée par l’augmentation des volumes produits.

Ceci est notamment directement lié à la fin des quotas dans les différentes productions, qui fut un désastre pour l’économie agricole.

Dans un autre temps, on décide d’interdire une molécule, le glyphosate, mais cela implique plus de passages d’un traitement d’un autre pesticide pour couvrir la même efficacité que le glyphosate. D’un point de vue économique, environnemental et agricole, c’est un non-sens.
C’est le même problème avec le couvert végétal dont le but est de ne pas passer avec les machines agricoles afin d’éviter le tassement mais sans glyphosate, c’est impossible. En agriculture dite de conservation, un traitement est au moins nécessaire.

D’autres points ont été abordés, comme les abattoirs, où un animal est tué le lundi et se trouve commercialisé le vendredi. La Poudre de lait également: les stocks sont seulement en train d’être épuisés, il aura fallu 3 années pour déstockés la poudre suite à la crise du lait, engendrée par la fin des quotas.
Pour continuer à travailler, les agriculteurs ont été obligés de décapitaliser, de prendre dans la trésorerie, alors même qu’ils travaillaient à perte. La déshydratation du lait pour la production de poudre a contribué à la perte d’argent. Nombreuses sont les fermes qui ont disparues suite à cela.

Notons tout de même, que ce système et la fin des quotas est soutenu par le syndicat adversaire, la FNSEA qui nous plombe parce que les prix sont basés sur la mondialisation et l’exportation…!

LA MSA

La MSA, créée par des agriculteurs, financée par des agriculteurs, cogérée par des agriculteurs, discrimine pourtant négativement… les agriculteurs ! En dépit de son nombre très élevé d’élus, la MSA ne parvient pas à répondre efficacement aux besoins du terrain. Le régime de la MSA, en déséquilibre structurel, dépend aujourd’hui à 85 % du régime général pour son financement. Les cotisations sociales pèsent lourd dans le revenu agricole (plus de 40 %), mais le niveau des prestations est loin d’être à la hauteur. Ainsi, les agriculteurs retraités qui ont travaillé sans relâche durant toute leur carrière sont maintenus sous le seuil de pauvreté.

LA TVA SOCIALE

Christophe Sichnknecht a rappelé que la Coordination Rurale milite pour la mise en place d’une TVA sociale en agriculture depuis des années.

Elle permettrait de baisser le coût du travail dans les entreprises, de redonner de la compétitivité aux produits agricoles français et de relocaliser l’économie agricole française.
En somme, une hausse de la TVA sur les produits agricoles compenserait la suppression des cotisations (exploitants, salariés) et serait entièrement affectée au financement de la MSA (mutuelle sociale agricole), à l’heure actuelle, en déficit chronique et générant donc des charges sociales très lourdes, qui grèvent la compétitivité des produits agricoles.

Cela aurait pour effet de maintenir pour les consommateurs le prix des produits français à leur niveau actuel, de faire augmenter à la consommation le prix des produits importés et de faire baisser celui des produits français exportés.
Autrement dit, pour la Coordination Rurale il faut faire participer les importations de produits alimentaires au financement de notre protection sociale agricole tout en rendant plus compétitifs nos produits exportés.