L'info régionale

Réseaux sociaux

La CR03 rencontre Bénédicte PEYROL, députée LREM

La CR03 rencontre Bénédicte PEYROL, députée LREM

François WALRAET, président de la Coordination Rurale 03 et Alexandre ARMEL, représentant de la section viande ont rencontré Mme PEYROL, ce lundi 18 novembre à sa permanence pour évoquer la situation critique que connaît le monde agricole actuellement.

Après une brève présentation du syndicat, Monsieur WALRAET a interrogé la députée, membre de la commission des Finances, sur sa vision de l’agriculture. Selon elle, l’agriculture est en perpétuelle changement avec plusieurs visions qui s’affrontent entre le conventionnel et le bio. Actuellement, « nous ne savons pas amorcer la transition énergétique, nous avons un point A et un point B mais n’avons pas identifié les outils à mettre en place pour accompagner cette transition d’un point à l’autre ». Par ailleurs, elle déplore l’image erronée  transmise par les médias et les associations environnementalistes ou antispécistes sur l’agriculture.

Travaillant sur la suppression du tarif réduit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) dans les travaux publics, Madame PEYROL explique avoir initié également un travail sur l’incitation  fiscale concernant les biocarburants  dans le domaine agricole. La CR met en garde sur les conséquences financières que cela pourrait engendrer sur les exploitations déjà sévèrement touchées par une crise sans précédent.

Le bilan carbone

Sujet à la mode, le bilan carbone est dans la bouche de tous nos concitoyens et notamment concernant l’alimentation. Monsieur WALRAET attire l’attention de Madame la députée sur ce sujet: que souhaite-t-on aujourd’hui? Une agriculture avec une pollution locale ou plus globale?Est on en train de reproduire, pour l’agriculture, la même chose que pour l’industrie que l’on jugeait polluante dans les années 70, que l’on a délocalisé à l’étranger, aboutissant à la disparition de presque toute industrie en France.

On aimerait évidemment être sur un bilan carbone négatif mais cela semble utopique dans l’immédiat. Les agriculteurs sont ouverts à d’autres méthodes si elles font leurs preuves mais c’est à la recherche de nous aider. On déplore qu’on ne se penche pas plus sur l’agronomie qui est certainement un point clé dans le rapport production/bilan carbone.

Une concurrence déloyale

Monsieur ARMEL souhaite évoquer la concurrence déloyale dont sont victimes les agriculteurs français à l’image des nombreux produits européens et américains qui rentrent sur le sol français chaque jour. En ce sens, l’article 44 de la loi des EGA est un échec. Le contrôle des résidus sur les produits finis ne constitue pas une réponse! Les produits importés doivent répondre aux mêmes normes sanitaires et phytopharmaceutiques françaises lors de leur élaboration. Le CETA en est un exemple. Madame PEYROL qui a voté pour cet accord,  y voit la définition  d’un cadre permettant aux agriculteurs français d’exporter et de permettre à d’autres pays de monter en puissance (au détriment de la filière viande française qui est encore le dindon de la farce!)

Un autre exemple flagrant est le déplacement récent du président en Chine pour aller venter l’excellence de la viande label rouge. Serait ce pour sauver les EGA qui vantaient une montée en gamme ? Alexandre Armel a rappelé l’incohérence d’importer de la viande d’outre Atlantique et d’exporter la viande française à l’autre bout du monde. Avant de demander une transition écologique à l’élevage, l’Europe devrait commencer par en imposer une à ces accords de libre échange.

Cette concurrence déloyale et la non reconnaissance de l’excellence française en terme de qualité, empêche d’investir franchement dans des voies écologiquement plus vertueuses car on sait que ces techniques vertueuses ne sont pas valorisées au niveau du prix de vente.

Les Zones de Non Traitement

Par ailleurs, Monsieur WALRAET a souhaité attirer l’attention de Madame la députée sur les ZNT.  Une nouvelle contrainte qui diminue la surface agricole exploitable et le revenu. Ce n’est pas à l’agriculteur de s’adapter mais aux outils d’urbanisme tels que les PLU qui doivent inclure ces zones tampons.

Le changement climatique: quelle anticipation?

L’inquiétude demeure également grandissante face au changement climatique. La CR regrette que l’État n’ait pas été plus réactif en terme de retenues collinaires comme cela se fait dans d’autres pays européen. L’État français doit reprendre la main sur ces outils et faciliter la mise en place de dérogation de valorisation des jachères pour constituer des stocks de fourrage.

 

Enfin, Monsieur WALRAET souhaite alerter sur les dénonciations anonymes encouragées par la FREDON concernant l’ambroisie.  Ces dénonciations doivent être recueillies sérieusement avec l’identité précise de la personne qui fait un signalement. Pour rappel, les parcelles ayant de l’ambroisie sont broyées sans dédommagement pour l’agriculteur.

Pour conclure,la CR03 a tiré la sonnette d’alarme sur la situation du monde agricole qui vit une crise sans précédent avec des prix qui chutent, une règlementation qui se durcit et une question en suspens: l’État veut il encore des paysans? Pourtant, nos agriculteurs n’ont pas à rougir ni à envier leurs voisins européens: leurs produits sont de bonne qualité et élaborés dans une démarche responsable.

 

 

 

 

Tags :
,