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La CR rencontre Emmanuel Macron et Julien Denormandie

Elysée Bernard Lannes Alexandre Armel

La CR rencontre Emmanuel Macron et Julien Denormandie

La Coordination Rurale, représentée par Bernard Lannes, Président de la CR et Alexandre Armel, Secrétaire général de la CR, a rencontré le président de la République vendredi 26 février, l’occasion d’aborder de nombreux sujets.

Foncier

Emmanuel Macron a remarqué que la CR avait apporté son soutien au projet de loi du Député Sempastous. La CR a précisé que son objectif est d’éviter l’accaparement des terres au profit d’investisseurs qui cherchent plus à réaliser un placement spéculatif qu’à rendre service aux agriculteurs. Bien sûr, il faut barrer la route aux investisseurs prédateurs qui nuisent aux intérêts des agriculteurs, voire à les intégrer. La CR a rappelé qu’on trouvait ces prédateurs du côté de l’agroalimentaire, du côté de certaines coopératives, et aussi du côté de certains fonds souverains étrangers.

Par contre la CR a rappelé son action engagée de longue date pour assainir le fonctionnement des SAFER. La CR a dû se battre pour rentrer dans les comités techniques départementaux puis, plus récemment, dans les conseils d’administration régionaux. La CR n’a pour l’instant pas encore obtenu de pouvoir siéger au conseil d’administration de la Fédération nationale des SAFER. C’est ce que nous souhaitons pour y obtenir la transparence sur la manière dont celles-ci sont censées remplir leur mission.

Relations Commerciales – Coopération – Prix

Bien sûr, il convient d’assainir les relations commerciales. Très certainement la grande distribution a son rôle à jouer, mais la Coordination Rurale a insisté sur le fait que nos premiers acheteurs pratiquaient bien souvent des prix qui ne prenaient pas en compte nos coûts de production. En effet, les prix bas sont également de la responsabilité de certaines coopératives.

La coopération d’ailleurs, a porté devant le Conseil d’État l’ordonnance qui lui était consacrée pour attaquer la pratique des prix abusivement bas. La décision du Conseil d’État supprime la partie de l’ordonnance qui permettait de sanctionner une coopérative rémunérant de façon abusivement basse ses coopérateurs. Tout un symbole pour la CR ! Puisqu’en menant cette action les coopératives reconnaissent qu’elles pratiquent (ou sont en mesure de pratiquer) des prix abusivement bas !

La Coordination Rurale a redemandé au Président Macron de lancer un audit en profondeur de la coopération agricole.

Concernant les relations commerciales et les prix agricoles, la CR a insisté sur le fait qu’il fallait absolument mener conjointement une politique européenne pour une PAC modernisée qui protège et régule les productions et les marchés agricoles.

Élevage

L’analyse de la CR sur le manque de diversité de valorisation des animaux mâles issus des troupeaux allaitants n’a pas été contestée. Broutards et taurillons sont fortement dépendants des exportations ; la crise sanitaire n’en a été qu’un révélateur. Les prix à la production ont chuté d’environ 150 € par animal pour certaines catégories ; l’impact sur le résultat des élevages est énorme de l’ordre de 20 % voire plus de 50 % de baisse dans certains cas (1).

Pour la CR, il ne faut pas attendre une reprise de la demande italienne notamment, il faut trouver un nouvel équilibre pour les animaux mâles ; équilibre qui ne doit pas reposer sur le tout export. Il est toujours plus aisé de négocier des prix quand nous ne sommes pas dans l’obligation de vendre faute d’alternative. Pour cela, la CR souhaite encourager la production de bœufs dans le cadre de la nouvelle PAC, en intégrant par exemple ces animaux à l’ABA.

Emmanuel Macron et Julien Denormandie se sont montrés intéressés par cette proposition qui apporte des réponses, même partielles, à différents enjeux : maintien des prairies, résilience des élevages face au changement climatique, réduction des importations (la France importe de la viande rouge mature), extensification, etc.

Il ne s’agit bien sûr que d’une composante de la réponse que la CR souhaite voir apporter au problème de valorisation de la voie mâle. La CR a également demandé la mise en place d’une fiscalité avantageuse pour les engraisseurs. Ces derniers sont pris en étau entre la chute des prix et la hausse du coût alimentaire.

Si l’impact de la crise sanitaire explique les prix bas des broutards et des jeunes bovins, il en est tout autrement pour les femelles. En 2020, la consommation de viande rouge française a battu des records. Pourtant, face à cette hausse de la demande, les prix à la production n’ont que peu évolué. À travers cet exemple, c’est la preuve de l’inefficacité des EGA qui est une nouvelle fois prouvée, alors même que le ministre s’y accroche corps et âme. Il est urgent d’apporter une réponse claire et de cesser de promettre aux producteurs un quelconque effet EGA.

Calamités agricoles

La CR a expliqué en quoi le système actuel d’indemnisation des calamités agricoles ne convient plus. Les mauvaises années se cumulant, les références deviennent mauvaises et le taux de perte n’est plus correctement évalué, laissant de côté trop d’agriculteurs. La CR demande que soit engagée une refonte complète du système et non une réforme. (voir notre article)

Retenues d’eau

La question des sécheresses à répétition et du stockage de l’eau a en fin d’entretien été abordée. Le président Macron étant un pragmatique, la CR ose espérer une issue favorable pour le lac de Caussade, ainsi qu’une véritable volonté de favoriser la création de réserves d’eau.

(1)  : estimations internes réalisées sur un échantillon de fermes de référence du réseaux Inosys, sur le seul impact des prix à la production, toute autre chose égale (charge, stock, produit annexe, aide, etc.) sur la base de la conjoncture 2019.