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La CR choquée par le mépris du gouvernement envers les agriculteurs touchés par la crise

La CR choquée par le mépris du gouvernement envers les agriculteurs touchés par la crise

C’est en colère que la Coordination Rurale (CR) est sortie de son rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture ce jeudi matin. Non seulement le gouvernement n’annonce que des plans pour les filières pommes de terre et horticulture mais en plus ils seront gérés par les interprofessions où le poids des producteurs est faible !

« Alors que le président Macron a indiqué que l’agriculture était le 2e secteur stratégique après la santé et que bon nombre de pays prennent des mesures financières pour sauver leurs agriculteurs et donc leur alimentation, la France verse des aides au compte-gouttes et se dédouane de ses responsabilités sur les interprofessions », s’agace Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale.

La CR a demandé des mesures systémiques pour garantir la pérennité des fermes, notamment un mécanisme similaire à celui mis en place aux Pays-Bas : si la perte de chiffre d’affaires est supérieure de 30 % par rapport à la moyenne de l’année précédente ou des trois années précédentes, l’agriculteur obtient une compensation financière à hauteur de 70 % de la perte.

Par ailleurs, afin que les stocks de pommes de terre invendus soient orientés vers l’alimentation animale, la CR développe la mise en relation entre les éleveurs craignant une nouvelle sécheresse et les producteurs de pommes de terre, abandonnés par les industriels.

« Le gouvernement doit participer à cet effort, en mettant à contribution la solidarité nationale pour financer le transport de pommes de terre, tout en ouvrant des bourses au transport pour les pommes de terre et le fourrage », indique Damien Brunelle, vice-président de la CR.

Enfin, pour l’après COVID-19, la Coordination Rurale a rappelé, comme elle le fait depuis presque 30 ans, qu’il convient de sortir l’agriculture des accords de libre-échange, de relocaliser la production et de refuser la renationalisation de la PAC.

« À la CR, nous n’avons pas découvert les risques d’une mondialisation exacerbée avec le COVID-19. Nous voulons une agriculture européenne, centrée sur les besoins des consommateurs », conclut Alexandre Armel, responsable de la section Viande du syndicat.