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La CR Centre s’entretient avec le Préfet de région et le directeur de la DRAAF

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La CR Centre s’entretient avec le Préfet de région et le directeur de la DRAAF

Le jeudi 26 novembre 2020, la CR Centre a rencontré Pierre Pouëssel, préfet de la région, et Bruno Locqueville, directeur de la DRAAF. La CR Centre était représentée par Geneviève De Brach, Stéphane Hubert et Maximilien Vangeon.

Après avoir présenté les membres de la CR et remercié l’accueil du Préfet et du DRAAF, de nombreux sujets régionaux et nationaux ont été évoqués.

SUJETS RÉGIONAUX

Installation agricole

Le vieillissement de la population agricole, le manque de repreneurs et l’urbanisation croissante font craindre une diminution du nombre d’agriculteurs et inéluctablement la perte de surfaces agricoles. La CR Centre alerte sur la nécessité de valoriser l’agriculture française et le métier d’agriculteur. « L’agri-dénigrement féroce doit cesser, il faut remettre le paysan au cœur de la vie des citoyens ! » réclame Maximilien Vangeon.

Pour favoriser les jeunes ou nouveaux installés, la CR Centre propose que l’État se porte garant des fermages pour eux. En effet, cela inciterait les propriétaires à louer leurs terres à des jeunes, plutôt que de les vendre à des investisseurs.

Dégâts de gibiers

Suite aux deux confinements, tous les départements du Centre ont constaté l’augmentation de la population de nuisibles (sangliers, corvidés, pigeons) et leur présence là où d’ordinaire ils sont absents. « Leur abondance est une menace pour l’agriculture : le mois de novembre est la période de quelques récoltes (betteraves, maïs grain…), mais surtout celle des semis (blé, colza…). Les sangliers, s’ils endommagent nos champs maintenant, mettent en péril nos futures récoltes » explique Stéphane Hubert.
La CR Centre demande que des mesures soient prises pour limiter ces risques (1 mois de chasse en plus, plus de lieutenants, des tirs d’effarouchement de nuit, …) et que les fédérations départementales appliquent des règles communes, l’élimination des bracelets comme dans le Loir-et-Cher par exemple.                                « Nous remercions les différents préfets départementaux d’avoir fait preuve de bon sens en autorisant les dérogations » concède Geneviève De Brach.

Retrouvez ici notre article sur le maintien de la chasse.

Aides et indemnités régionales

Dans le Centre, DPB, fermage, indemnités AB, indemnités betteraviers… sont très différentes d’un département à l’autre. Certaines filières agricoles un peu oubliées (exemple des néonicotinoïdes où la betterave n’est pas la seule production affectée). La CR Centre a demandé aux institutionnels une harmonisation des aides et indemnités entre les départements du Centre pour éviter le favoritisme et prendre en compte la diversité des productions de la région.

ZNT cours d’eau

Actuellement en révision dans plusieurs départements du Centre, la CR Centre a incité le préfet à veiller à la cohérence lors de la classification des cours d’eau. Elle a aussi fait part de son inquiétude par rapport aux mots utilisés sur ce sujet, qui envoient un très mauvais signe à nos concitoyens.
La CR Centre maintient son souhait qu’il n’existe qu’une seule carte de référence des cours d’eau et que celle-ci soit utilisée lors des contrôles.

Lire notre article dédié au sujet dans le Cher.

ICHN

La CR Centre rappelle au préfet que les nouvelles zones défavorisées simples (ZDS – catégorie d’ICHN) ne correspondent pas à la réalité. Certaines zones à faible potentiel ont été oubliées voire même retirées du classement en ZDS ! Par exemple, une partie du Pays Fort dans le Cher ou encore des zones en bordure de Sologne. Le directeur de la DRAAF et le préfet en sont conscients et ont confirmé que le ministre était sensible au sujet ICHN. Ce dernier avait annoncé lors de sa rencontre avec la CR45 que des mesures devraient mises en place pour les zones intermédiaires (autre catégorie d’ICHN). « J’attends de voir ce qu’il en adviendra » a répondu Geneviève De Brach.
La CR Centre souhaite que l’ICHN reste distribuée aux éleveurs, elle s’oppose à une éventuelle ICHN « végétale ».

SUJETS NATIONAUX

Normes européennes

Contrôles, étiquetage, prix, taxe carbone… ne sont pas appliqués de manière homogène par les États membres et les importations concernent des produits qui ne sont pas soumis aux mêmes réglementations que la nôtre. L’exemple de la lentille est révélateur : au Canada, les lentilles sont récoltées à l’aide de défoliants, produits interdits en France depuis des années ! La CR rappelle l’urgence d’une harmonisation pour diminuer les distorsions de concurrence et demande que l’article 44 de la loi EGAlim soit appliqué dans les plus brefs délais. « L’argument du directeur du DRAAF comme quoi « cet article ne peut pas être appliqué car il ne respecte pas le principe de libre concurrence » ne nous convient pas ! » fulmine Geneviève De Brach.

Retrouvez ici notre article détaillé.

Filière viande française

Problème de rentabilité, manque de soutien de l’État… Deux éléments s’ajoutent à la montée du véganisme : les accords de libre-échange, Ceta et Mercosur, et la viande de synthèse.
Ces accords, en cours de signature dans notre dos tant que nous sommes en confinement, sont une réelle menace pour notre agriculture. « Le gouvernement veut soutenir l’agriculture française mais est prêt à signer des accords de libre-échange avec le Canada ou le Brésil aux réglementations totalement différentes des nôtres… Pour la santé des consommateurs, c’est inconcevable ! » expliquait Axel Masson, éleveur dans le Loir-et-Cher, lors de la préparation de cette rencontre institutionnelle.
Quant à la viande de synthèse, maintenant que le voile est levé sur la financiarisation de certaines organisations, en plus de sa dénomination trompeuse, « c’est comme si on confirmait que l’État veut supprimer l’élevage en France » ajoutait Axel Masson.
La CR demande au gouvernement de soutenir l’agriculture française en refusant ces accords, en appliquant la loi EGalim, en valorisant le métier d’agriculteur, en rémunérant au juste prix les agriculteurs.

Plan de relance : La CR Centre aurait souhaité aborder le sujet mais n’en a pas eu le temps

Pour la CR Centre, « c’est une fausse bonne idée ». Avec un âge moyen de 51 ans (Agreste, 2013), des problèmes de trésorerie entre les sécheresses successives et le retrait de produits phytosanitaires sans alternatives efficaces, le manque de repreneurs, « les agriculteurs ne peuvent pas investir, ou alors au péril de leur survie, pro et perso ! » estime Geneviève De Brach. La CR Centre milite pour que l’argent débloqué soit réorienté pour des formations techniques, des infrastructures locales de transformation, l’enseignement agricole…

 

Le mot de conclusion de la présidente de la CR Centre

« Il y a beaucoup de choses à faire en agriculture. Il faut à tout prix que le gouvernement se rende compte que c’est un secteur essentiel pour la sécurité alimentaire des Français. Il faut favoriser en priorité les produits français, les produits européens ensuite. »