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La CR 80 rappelle l’importance de la souveraineté alimentaire au chef de l’État!

Jean-Luc ALLAIN Président de la Somme

La CR 80 rappelle l’importance de la souveraineté alimentaire au chef de l’État!

Jean-Luc Allain, président de la Coordination Rurale de la Somme (CR 80) a rencontré un conseiller du pôle écologie, agriculture, énergie, transports et logement d’Emmanuel Macron, à l’occasion d’une visite du chef de l’État à Poix-de-Picardie dans la Somme le 17 juin dernier. «Notre souveraineté alimentaire est un enjeu primordial et la situation est de plus en plus inquiétante !», a alerté Jean-Luc Allain au conseiller d’Emmanuel Macron. En effet, dans le secteur agricole (hors vins et spiritueux), entre 2008 et 2019, les exportations ont augmenté de 8,6 milliards d’euros pendant que les importations augmentaient de 13,8 milliards. Le bilan de ces dernières années prouve l’inefficacité, voire le manque de volonté de nos politiques à assurer notre souveraineté alimentaire.

À l’occasion de la visite du président de la République, la CR 80 a ainsi rappelé que notre souveraineté alimentaire doit passer par:

  • L’instauration de l’ exception agriculturelle (plus d’informations ici).
  • La régulation intelligente des productions conduite par les agriculteurs au sein d’organisations de producteurs puissantes et transversales disposant d’une information totale, actualisée et transparente des besoins des industriels et des stocks alimentaires et agroalimentaires.
  • La TVA sociale qui revient à diviser par deux le coût du travail ou à pouvoir embaucher deux salariés pour le coût d’un seul (plus d’informations ici).
  • L’harmonisation fiscale (notamment un contrôle des échanges), sociale et environnementale au sein de l’Union européenne.
  • L’assurance de la PAC d’une souveraineté et sa sécurité alimentaire européennes acquises par son autonomie et basées sur la préférence communautaire.
  • La cessation des hypocrisies européennes : effectuer un virement chaque année aux agriculteurs ne peut en rien dédouaner l’Union européenne !
  • La fonction de « réassureur » jouée par l’Union européenne. Emmanuel Macron a dit: «Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne ». Effectivement, la politique d’optimisation du système alimentaire pour plus de souveraineté et de sécurité que nous souhaitons pour la France doit se dupliquer dans chaque pays européen. C’est un prérequis à la souveraineté européenne. Les échanges au sein de l’UE sont évidemment nécessaires, mais au regard de la crise sanitaire actuelle, ils ne doivent pas nuire à la recherche d’autonomie nationale. Chaque pays doit pouvoir couvrir au mieux ses besoins alimentaires et l’Union européenne doit ensuite intervenir en tant que réassureur.

Le président de la CR 80 a aussi interpellé le conseiller d’Emmanuel Macron sur l’importance spécifique d’obtenir notre souveraineté protéinique. En effet le 28 août 2020, le président de la République déclarait : « Nous devons recréer la souveraineté protéinique de l’Europe» Or, les plans protéines successifs ont tous échoué. Ils n’ont pas pris le problème à sa racine, à savoir le manque structurel de compétitivité de la production européenne de protéines végétales face au soja importé, souvent génétiquement modifié et parfois issu de déforestations.

La conquête de la souveraineté protéinique de l’UE ne peut passer que par :

  • La dénonciation des accords commerciaux du Dillon Round, du GATT et de Blair House
  • Une dotation, au niveau européen, de protections tarifaires afin de sécuriser une rentabilité suffisante aux agriculteurs, pour leur permettre de cultiver des protéines tout en renouant avec les bases agronomiques et des assolements équilibrés.
  • Le rééquilibrage des assolements et des marchés intérieurs français et européens en réduisant les superficies céréalières au bénéfice de plantes riches en protéines. Cela évitera de brader les céréales excédentaires sur le marché international.

«Nous sommes conscients que la ligne politique de notre gouvernement ne s’accorde pas facilement avec une régulation du marché, mais le 12 mars dernier après avoir admis que déléguer notre alimentation était une folie, Emmanuel Macron s’est engagé à assumer les décisions de rupture nécessaires pour y remédier. Il serait grand temps que des actes politiques forts viennent appuyer ce discours plein de bon sens.» Jean-Luc Allain, président de la CR 80.