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La Coordination Rurale écrit aux parlementaires pour réagir à la qualification de l’animal en « personne physique non-humaine »

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La Coordination Rurale écrit aux parlementaires pour réagir à la qualification de l’animal en « personne physique non-humaine »

Suite à la déclaration de deux chercheurs de la faculté de droit de Toulon sur la qualification des animaux en « personnes physique non-humaine », le représentant de la section Viande de la CR, Alexandre Armel, a décidé d’adresser un courrier aux députés avec copie au ministre de l’agriculture, Didier Guillaume.

 

« Madame la Députée, Monsieur le Député,

Fin mars 2019, deux chercheurs de la faculté de droit de Toulon ont déclaré que l’animal devait désormais être considéré comme une « personne physique non-humaine » qui permettrait ainsi aux animaux de disposer de droits. Cette déclaration fait suite à la reconnaissance par l’Assemblée nationale, dans le cadre de la loi n°2015-177 et au nom du bien-être, que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité soumis au régime des biens, sous réserve des lois qui les protègent.

La question du statut des animaux est intimement liée au bien-être qui leur est accordé. Il faut être conscient que les éleveurs sont les premiers acteurs de la protection des animaux tout simplement parce que c’est dans leur intérêt ; ils connaissent leur métier et ses contraintes et sont tout à fait conscients d’être les premiers acteurs du bien-être de leurs animaux. Chacun d’eux sait parfaitement qu’un animal élevé dans de bonnes conditions donnera une meilleure qualité de viande, et un animal en bonne santé participe également à de bonnes conditions de travail pour l’éleveur.

Accorder un statut aux animaux pour leur reconnaître des capacités cognitives développées va certainement dans le sens de l’histoire, mais il ne faut pas que cette évolution juridique soit utilisée demain par les adversaires de l’élevage pour contester certaines activités qui, à terme, nous éloigneront des animaux. Il n’y a pas si longtemps, le statut de l’animal était si proche de celui des hommes qu’il pouvait, au même titre que ce dernier, pâtir d’un procès et être jugé pour méfaits devant un tribunal…

Changer le statut de l’animal, c’est faire un pas de plus vers sa non-utilisation par l’homme, remettant en cause des millénaires de notre civilisation et un des piliers de notre société occidentale. L’élevage est le socle de notre agriculture durable et permet de valoriser en protéines de qualité des terrains souvent inutilisables autrement. Il permet en outre d’éviter le gaspillage en fournissant un débouché pour les sous-produits de l’industrie agroalimentaire. Plus qu’un problème de morale, c’est l’équilibre de notre système alimentaire qui est en jeu. La solution n’est donc pas dans la remise en cause de l’utilisation de l’animal par sa reconnaissance juridique, mais bien de dénoncer et de sanctionner toute forme de maltraitance, de sa naissance jusqu’à l’abattage, dans les élevages comme dans les abattoirs.

Certaines personnalités, dont le métier est aux antipodes des pratiques d’élevage et de l’agriculture au sens large du terme, n’hésitent pas à user de leur audience pour influencer l’opinion publique à ne pas consommer de produits animaux, et font par la même occasion le jeu d’associations antispécistes. Ces mêmes personnes veulent faire croire qu’ils en savent plus dans le domaine de l’élevage que les éleveurs eux-mêmes, qui tous les jours sont au contact de leurs animaux, et la plupart du temps depuis plusieurs générations.

Nous sommes inquiets par ces récentes déclarations juridiques qui font peser au dessus des éleveurs une réelle épée de Damoclès, alors que leur quotidien est déjà suffisamment anxiogène. Il n’est bien entendu en aucun cas question de négliger la condition des animaux, mais celle des éleveurs devrait être portée au minimum au même niveau de priorité. La Coordination Rurale estime que l’évolution du statut juridique de l’animal n’obéit qu’à une surenchère législative inutile si ce n’est à répondre à des souhaits idéologiques d’associations antispécistes.

Vous remerciant de l’attention portée à ce courrier, et restant à votre disposition, nous vous prions de croire, Madame la Députée, Monsieur le Député, en l’expression de notre haute considération. »

Alexandre Armel,
Représentant de la section Viande de la CR