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Jusqu’à quand les éleveurs ovins vont-ils devoir payer la dette du Rainbow Warrior ?

Alexandre Armel au Sommet de l'élevage 2017 - Article sur le sanitaire

Jusqu’à quand les éleveurs ovins vont-ils devoir payer la dette du Rainbow Warrior ?

En cette période de crise sanitaire où plus que jamais l’agriculture est devenue une filière stratégique pour nourrir la population française, selon les dires du Ministre de l’agriculture, la filière ovine ne se remettra peut être jamais de cette période de confinement.

Les fêtes religieuses approchent et nombres d’éleveurs ont préparés les agneaux destinés à ces repas festifs. Mais le confinement lié à l’épidémie a refroidit l’aval de la filière sur l’abattage des agneaux et l’approvisionnement des grandes surfaces. Nous sommes en confinement, nous devrions pouvoir vendre nos animaux, puisque théoriquement, les éleveurs français ne devraient pas être en concurrence avec de la viande étrangère. Eh bien c’est tout le contraire !

Nous payons encore aujourd’hui le prix fort de cette maudite affaire qui date de 1985, celle du bateau Rainbow Warrior . L’agneau néozélandais est encore une fois de plus dans nos rayons de supermarchés, quand dans les bergeries, les agneaux partent au compte-goutte avec des prix toujours plus bas, soit-disant face un manque potentiel de consommation.

Mais alors qu’attend le gouvernement !? Où est le ministre de l’agriculture face à cela ? Il est muet.

Après tant de réunions sur les EGA, après l’article 44, c’est encore une fois l’industrie agroalimentaire qui commande en nous proposant au mieux une surgélation de nos agneaux français, quand le néozélandais continue de se faire la part belle dans les magasins. Ce soit disant agneaux frais, qui n’a de frais que le nom, puisque sous atmosphère contrôlée, cette viande étrangère, qui a traversée la moitié du globe, peut se vendre pendant 165 jours.

Quelle honte ! Il y a eu une avant épidémie et il y aura une après épidémie, et c’est cette dernière qu’il faudra bouleverser, car nous avons un devoir d’éleveur, c’est de pouvoir assurer aux générations d’éleveurs en herbe, qui assureront la pérennité de notre métier, qu’ils n’auront plus à payer ce foutu bateau par la disparition de leur métier d’éleveur.

Alors aujourd’hui mesdames et messieurs les gouvernants, il va être tant d’assumer une exception agriculturelle, et de vous mettre en face de vos responsabilités, celles qui ont fait que l’élevage ovin et l’agriculture française en général, est partie à la dérive.

Alexandre Armel,
Éleveur ovin dans l’Allier, responsable de la section Viande de la CR

 

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