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Journée d’échanges avec le préfet coordonnateur du plan loup

Journée d’échanges avec le préfet coordonnateur du plan loup

Ce mercredi 3 novembre 2021, à l’initiative d’Alain POUGET (représentant CR au Groupe national loup), de nombreux acteurs préoccupés par la problématique de la prédation (responsables CR, élus, éleveurs, lieutenants de louveterie, ingénieurs agronomes et techniciens) se sont réunis à La Giettaz (73) pour participer à une journée d’échanges et de débats en présence de M. Jean-Paul CELET, Préfet référent du Plan national loup.

Après une réunion de travail en comité restreint sur la mesure prédation du PSN et un repas partagé au sommet du col des Aravis, les participants ont pu entendre le témoignage poignant de quatre éleveuses avant d’assister à une démonstration de drones. Expérimenté dans les Alpes du Nord grâce au soutien financier du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, ce dispositif permettrait d’apporter des réponses concrètes en termes de protection des troupeaux et de dénombrement de la population lupine.

loupinterne

Après un mot d’accueil de M. Daniel DANGLARD (Maire de la Giettaz), les représentants de la CR se sont entretenus pendant plus de deux heures avec M. CELET. L’occasion pour eux de rappeler leurs positions, à savoir :

– la cohabitation impossible entre le loup et l’activité humaine ;
– la nécessité de faciliter les démarches de reconnaissance et d’indemnisation en cas d’attaques ;
– la prise en charge à 100 % des coûts d’installation et d’entretien des mesures de protection (pour tous types d’élevages menacés, sans critères de sélection prédéfinis) sur les crédits du ministère de la Transition écologique ;
– l’importance de déconstruire l’image idyllique du loup véhiculée dès l’école dans l’esprit des individus ;
– l’amélioration impérative du comptage de la population lupine via l’utilisation de techniques adaptées.

Sur ce dernier point, le préfet CELET annonce qu’une révision de la méthode de comptage débutera à partir du 8 novembre 2021. Il précise que toutes les solutions proposées pourront être étudiées à partir du moment où elles permettent d’obtenir des résultats indiscutables et certifiés. Alain POUGET affirme l’importance de revoir en profondeur la méthode de comptage. Il estime aujourd’hui que l’effectif pourrait atteindre 1 200 à 1 500 individus (bien loin des 624 loups dénombrés par l’Office français de la biodiversité). Cette révision devrait permettre d’obtenir une nouvelle estimation dès le mois de juin 2022. Estimation qui aboutira nécessairement à un redimensionnement de la politique de prélèvement que la CR espère la plus réaliste et efficace possible.

Après le déjeuner, les participants ont pu écouter les témoignages glaçants d’éleveuses du massif des Aravis (qui souhaitent conserver l’anonymat du fait des représailles dont elles ont déjà été victimes par le passé). Soumises à une pression constante et victimes d’attaques multiples depuis leur installation, elles expriment à M. CELET leur impuissance et leur désespoir face à la détérioration de la situation. Tandis que l’une d’elle a dû vivre une saison entière sous tente à proximité de son troupeau pour pouvoir protéger ses bêtes en cas d’attaques, une autre relate avec amertume la manière dont elle s’est retrouvée à devoir suivre des cours de tirs pendant son sixième mois de grossesse.

Pour Fabrice PANNEKOUCKE, conseiller régional délégué aux vallées de montagne, ces témoignages sont d’une importance capitale et doivent être relayés massivement pour entraîner une prise de conscience collective. D’après lui, il faut aller vers des campagnes « chocs » pour déconstruire l’image idéalisée que certains défenseurs du loup peuvent avoir. Cette prévention est nécessaire pour éviter que des drames ne se produisent dans les années à venir. Une éleveuse interpelle alors le préfet : « vous qui organisez des réunions de concertation et des groupes de travail réguliers pour assurer la préservation du loup, que comptez-vous mettre en place pour que nous, éleveurs, ne soyons pas très prochainement une espèce en voie d’extinction ? »

Face à la détresse des professionnels et au désarroi des élus locaux, le préfet CELET a rappelé le caractère essentiel que revêtaient pour lui ces rencontres sur le terrain. Les responsables de la Coordination Rurale espèrent qu’il saura tirer les enseignements de cette journée sur le chemin du retour et que les prochains arbitrages seront à la hauteur des enjeux actuels.

drone

Pour connaître précisément le nombre de loups en France et dimensionner efficacement la politique de prélèvement, la CR milite activement pour l’utilisation de drones. Cette technologie novatrice, bien que n’étant pas l’unique solution face à la prédation, peut apporter des réponses concrètes en termes de protection des troupeaux et de dénombrement de la population lupine. Grâce à l’appui financier du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, une expérimentation est actuellement en cours sur le massif des Aravis. Lieutenants de louveterie, éleveurs et élus locaux considèrent ce dispositif comme essentiel et demandent un usage généralisé de ces appareils (cela passe notamment par l’obtention de certaines dérogations, comme celle devant permettre une utilisation nocturne).

Pendant la démonstration, les participants ont pu constater la fiabilité et l’efficacité du dispositif. Muni d’une caméra haute définition, d’un phare puissant et d’un capteur thermique permettant d’identifier la présence d’individus, la CR considère le drone comme un outil indispensable au comptage de la population lupine.

Cette méthode, que la CR promeut au sein du Groupe national loup (GNL), apparaît effectivement beaucoup plus convaincante que le simple relevé d’indices de présence bien souvent réalisé par des personnes dont l’intérêt premier est de protéger le loup.

Grâce à l’utilisation d’une balise haute précision API-K, il sera également possible de connaître exactement la position géographique des troupeaux et d’intervenir en cas d’anomalies constatées (immobilisme, dispersion…). Sur le massif des Aravis, il sera possible de mutualiser ce dispositif en l’élargissant à toutes les activités liées à la montagne (pour permettre l’intervention des secours en cas d’accidents).

En fin de journée, les responsables de la Coordination Rurale ont répondu aux questions des journalistes venus échanger avec eux dans la salle du conseil de la Giettaz.

 

Retrouvez ici les articles du Dauphiné Libéré, d’ActuHaute-Savoie, de Ouest France et de la France Agricole.