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Irrigation, assurance récolte, grippe aviaire, loup : la CR 64 alerte le ministre de l’agriculture

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Irrigation, assurance récolte, grippe aviaire, loup : la CR 64 alerte le ministre de l’agriculture

La Coordination Rurale des Pyrénées-Atlantiques a rencontré Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, ce samedi 17 septembre 2022, à l’occasion d’une réunion d’échanges organisée à la Chambre d’agriculture de Pau. Il s’agissait pour le ministre de faire un point sur la situation agricole dans le département. Cette réunion rassemblait les acteurs du monde agricole parmi lesquels : Gilles Casaux Estrem, président de la CR 64, Bernard Ser, vice président de la CR 64, les représentants de la Confédération Paysanne, la FD, les JA, la DDPP, la DDTM, la DDFIP et le président de la Chambre d’agriculture.

L’eau, une ressource essentielle qu’il faut stocker

Gilles Casaux Estrem a rappelé au Ministre qu’en France, l’eau est un bien abondant qu’il faut mieux répartir sur l’année, et donc stocker durablement, afin de pouvoir irriguer et sécuriser les rendements. Fort de l’exemple de la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne qui a réussi à négocier la création de 10 à 15 retenues d’eau chaque année, le président de la CR 64 a rappelé que l’État ne devait plus plier sous la pression des associations écologistes et de leur idéologie anti-irrigation, et considérer le stockage de l’eau comme un outil de gestion des risques et d’amélioration agronomique dans une logique d’adaptation aux besoins. Il est également primordial de ne pas favoriser les importations de produits obtenus avec une irrigation « non durable » contribuant à l’épuisement des eaux souterraines.

Aléas climatiques et assurance récolte

2022 fût une année particulièrement difficile avec des gelées tardives, des orages violents puis une sécheresse historique entraînant de lourdes pertes sur les récoltes. Cette situation pousse à la réflexion sur le système assurantiel. Pour la Coordination Rurale, il est inconcevable d’obliger un exploitant agricole à adhérer à une assurance récolte criblée d’inconvénients (couverture minimaliste, système de seuil et franchise, nombreuses exclusions de garantie…) et d’un coût prohibitif. Le budget de la PAC assumait initialement cette charge assurantielle. Aujourd’hui, elle incombe à l’agriculteur qui croule déjà sous les charges. Ce transfert ne permet donc plus de stabiliser les marchés, le système assurantiel devenant inopérant puisque les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente demeurés résolument bas.

La CR 64 a proposé au Ministre de privilégier la prévention et la protection par l’investissement, qui selon elle, représentent la meilleure assurance récolte. La création d’un fond d’auto-assurance entrant dans les charges de l’exploitation serait abondé convenablement et serait utilisé en cas de sinistre ou de perte de récoltes.

Grippe aviaire

Comme nombre de départements français, les Pyrénées-Atlantiques connaissent depuis plusieurs années des épizooties de grippe aviaire. Au 12 septembre, 23 communes étaient encore soumises à une zone de contrôle temporaire « faune sauvage ». Pour les éleveurs, la situation n’est plus tenable. La réponse des autorités sanitaires face à cette crise sans précédent démontre à la fois une forte implication des services concernés, mais aussi un manque flagrant d’anticipation de la part de l’administration et de l’ensemble de la filière concernant la transmission d’informations, l’euthanasie / le dépeuplement / l’abattage préventif, la localisation et le dénombrement, l’analyse / le dépistage / la biosécurité, et l’indemnisation.

Prédation

Les éleveurs sont las et très inquiets car les attaques de loup sont de plus en plus nombreuses dans le département, et au-delà. Le problème n’est pas le loup mais les dégâts qu’il engendre sur les élevages. Dans le contexte réglementaire actuel, les éleveurs n’ont pas la possibilité de protéger efficacement leurs animaux contre le loup qui colonise de plus en plus de territoires. De plus, sa responsabilité est trop souvent exclue lors des constats, et les éleveurs ne sont pas indemnisés pour les animaux morts ou blessés. En effet, les analyses ADN ne sont pas systématiquement effectuées à la suite des constats, faute de moyens financiers.

Gilles Casaux Estrem a insisté sur le fait que le loup ne doit plus être strictement protégé par la convention de Berne et la directive Habitat – Faune – Flore et demande la possibilité pour les éleveurs de protéger leurs troupeaux en autorisant l’abattage à proximité des troupeaux attaqués.

À la fin de son intervention, Gilles Casaux Estrem a demandé au Ministre de permettre aux agriculteurs de bénéficier d’une année blanche et de la prise en charge des cotisations sociales afin de soulager les trésoreries. Monsieur Fesneau a été très attentif aux propositions émises par les représentants de la Coordination Rurale 64.