L'info régionale

Réseaux sociaux

Interprofessions

Interprofessions

À quoi servent les interprofessions ?

Les interprofessions agricoles sont des associations (donc régies par le droit privé), issues de la volonté de créer un lieu de concertation entre les différents maillons de la filière (production, transformation, commercialisation et distribution) pour échanger et s’organiser autour de problématiques communes.
Les décisions y sont débattues au sein de chaque collège et prises selon la règle de l’unanimité des collèges.

Les interprofessions, peu connues des agriculteurs, sont un interlocuteur incontournable des pouvoirs publics, des élus politiques et elles portent des propositions législatives. La CR veille à ce que cette notoriété soit utilisée à bon escient. Ces organisations fixent de nombreuses règles qui interviennent dans le travail des agriculteurs : commercialisation, critères qualitatifs…
Elles sont aussi un réel outil économique pour pallier les limites, ô combien destructrices, de la coordination par le seul marché, mais elles sont soumises au droit de la concurrence ce qui peut venir entraver certaines volontés d’actions, notamment pour ce qui concerne directement les prix : risque d’entente illicite sanctionnée par Bruxelles. Si les négociations y sont parfois difficiles, la CR n’y défend que les intérêts des agriculteurs.

La CR a toujours réclamé le pluralisme syndical au sein des interprofessions, notamment pour assurer une transparence sur l’usage des CVO (Cotisations volontaires obligatoires) prélevées aux agriculteurs. La loi d’Avenir Agricole de 2014 est justement venue faire évoluer la situation de blocage que les interprofessions nous opposaient : désormais, elles doivent représenter 70 % de la production pour être légitimes au regard des pouvoirs publics, ce qui implique leur ouverture aux syndicats « minoritaires » dont la CR. Dans les faits, cette ouverture est très progressive.

La CR bientôt présente dans 11 interprofessions

Pour mémoire, la CR est déjà représentée par Joseph Martin au CNIEL (lait), Alexandre Armel, Yvette Lainé et Jean-Noël Verdier à l’Interbev (bétail et viandes), François Ferdier et Raymond Monier à l’ANICAP (caprins), Pascal Aubry à l’Inaporc (porcins), Jean-Louis Ogier à l’Interfel (fruits et légumes), Jean-Paul Simonnot à l’ANILS (légumes secs), Alain Mérit à l’Interapi (abeille), Jean-Luc Joffre à Terres Univia (oléoprotéagineux) et Max Bauer à Val’Hor (horticulture, fleuristerie et paysage).
Après plus d’un an passé sous le statut d’invitée, la CR a enfin été admise, depuis le 14 juin 2018, au CIFOG, comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras. Il revient donc à Martial Neels et André Coutinho de s’investir sur cette filière fortement marquée par les crises liées à la grippe aviaire.
D’ici peu, Nicolas Jaquet, président de l’OPG, fera son entrée à Intercéréales.
Enfin, la CR participe actuellement à la création de l’ANVOL, association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair.

Pluralisme syndical : le chemin est encore long !

La loi d’avenir agricole de 2014 a contribué à déverrouiller les interprofessions, jalousement gardées par le syndicat majoritaire, allié à la transformation et aux exportateurs. Si certaines interprofessions se sont ouvertes, la loi a échoué dans la mesure où les accords interprofessionnels peuvent être adoptés et étendus par arrêté ministériel, même en l’absence des syndicats minoritaires.

L’entrée dans certaines interprofessions n’a pas été de tout repos. Par exemple, bien longues ont été les tractations avec Intercéréales, la CR espérant autre chose qu’un strapontin (une minorité de blocage) pour finalement aboutir à une répartition des sièges très inéquitable, avec dans le collège producteurs, 5 sièges pour l’AGPB, 3 pour l’AGPM et seulement 1 pour la CR/OPG. Néanmoins, nous disposons aussi d’un siège au conseil d’administration et participerons à tous les comités et groupes de travail, ce qui va nous permettre de contribuer à la réflexion de filière et d’apporter notre bon sens paysan.
Même chose du coté du CNIEL : la CR y est minoritaire mais peut exercer une véritable influence ainsi qu’un contrôle sur les décisions qui y sont prises.

Un esprit constructif

Le fonctionnement est assez fluide et pluraliste au sein d’Interbev et d’Interfel où la CR, mieux acceptée, travaille en bonne intelligence, dans l’intérêt des producteurs.
La CR a, au sein d’Interfel, gagné en 2017 le combat contre l’obligation contractuelle pour les producteurs de fruits et légumes.

Un rôle renforcé suite aux EGA

Dans le cadre des États généraux de l’alimentation (1), le président de la République, Emmanuel Macron, souhaite renforcer les interprofessions et a demandé à chacune d’elles d’établir une feuille de route stratégique : le plan de filière.
Le bilan n’est pas glorieux ! Alors que les instituts techniques travaillent dessus, les interprofessions méprisent totalement la notion des coûts réels de production de nos cultures.
Intercéréales, alors que les prix ont été divisés par 3 en 30 ans, propose dans son plan de filière, pour sortir de la crise, de baisser encore les prix de 15 €/t ! Pour elle, le prix objectif est 140 €/t.
Quant à Terres-Univia, elle ne songe qu’à sauver la filière du biodiesel et nous demande textuellement de « passer par une phase de perte », alors que cela fait plusieurs années que les producteurs d’oléoprotéagineux ne dégagent pas de revenu correct. Clairement, les intérêts des producteurs sont très mal défendus au sein des interprofessions.
Les autres plans de filière sont axés sur l’export ou sur la montée en gamme, utile mais limitée en matière de débouché et ne s’intéressent pas suffisamment au revenu des producteurs.

Le 20 juillet 2018, lors d’une rencontre à l’Élysée, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de renforcer le poids des interprofessions. Pour le 15 septembre 2018, des accords doivent être trouvés sur les indicateurs de coûts de production. Le président Macron a menacé de ne plus reconnaitre les interprofessions récalcitrantes ! La CR reste dubitative car le projet de loi ne propose au sein des contrats qu’une simple référence à ces indicateurs, autant dire rien de très concret à mettre dans la poche des agriculteurs…
La CR défend bec et ongles des indicateurs de coûts de production suffisamment hauts pour qu’ils rémunèrent non seulement le travail, mais aussi le capital et les besoins d’investissement ou les contraintes liées aux services environnementaux.

(1) Discours de Rungis du 11 octobre 2017

À lire sur le sujet :

– Dossier Interprofessions : le combat de la CR

télécharger cette fiche thématique