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Interdiction des néonicotinoïdes : l’UE fait fausse route!

Interdiction des néonicotinoïdes : l’UE fait fausse route!

La Coordination Rurale considère que l’interdiction européenne des néonicotinoïdes ne règlera pas le problème sanitaire des abeilles.

Effet relatif sur la santé des abeilles

Depuis 2013, le moratoire européen sur la chlothianidine, l’imidaclopride et le thiamétoxame sur traitement de semences n’a amené aucune amélioration sur la santé abeilles. Toutes les restrictions d’usage de ces produits (dont l’interdiction du Cruiser – thiametoxame, depuis 2012) n’ont eu aucune conséquence positive sur l’état sanitaire des abeilles.

En 2012, des chercheurs de l’’Institut national de la recherche agronomique (Inra) ont soumis des abeilles à de faibles doses de néonicotinoïdes et ont montré qu’elles pouvaient être désorientées et ne plus retrouver la ruche. Mais les teneurs en néonicotinoïdes du nectar et du pollen réellement butinés sur le terrain sont nettement plus faibles.

Il est certain que si l’on donne des néonicotinoïdes aux abeilles, à certaines doses, elles meurent : il est moins certain qu’en les interdisant, elles cessent de mourir car leur mortalité est principalement due à d’autres facteurs.

D’autres facteurs de mortalité

Comme l’a démontré le dispositif de suivi des causes de mortalité des abeilles, mis en place fin 2014 par le ministère de l’Agriculture, les produits phytos n’y ont qu’une faible part, 6% des cas de mortalité, contre 39% pour les maladies, 14% pour les mauvaises pratiques apicoles et 11% pour la faim. D’ailleurs, nombreux sont les apiculteurs disposant leurs ruches à proximité de cultures traitées par enrobage de semences, qui n’observent pas de mortalité particulière sur les abeilles, alors que des maladies ou un facteur de stress hivernal, tel que de très mauvaises conditions, aggravées par un état de faiblesses pré-hivernales ou encore, le tout conjugué, peuvent entrainer des ravages sur les ruches.

Le remède, pire que le mal ?

De plus, les alternatives existantes à l’enrobage de semences consistent en des traitements en végétation à base de pyréthrinoïdes, beaucoup plus toxiques pour les abeilles que les néonicotinoïdes eux-mêmes.

L’interdiction, déjà légiférée au niveau français va supprimer 3 600 usages dont certains vont être très compliqués à combler. Les impasses techniques pourraient être nombreuses.

Enfin, une interdiction franco-française nous mettrait en distorsion de concurrence avec le reste de l’Europe. Une interdiction européenne mettra celle-ci en distorsion de concurrence avec le reste du monde.

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