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Installation en agriculture : le jour où la Commission Européenne a approuvé les positions de la CR…

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Installation en agriculture : le jour où la Commission Européenne a approuvé les positions de la CR…

29 janvier 2020… Une dépêche de l’AFP fait écho au nombre très bas de jeunes agriculteurs de moins de 35 ans et aux problèmes liés à l’installation en agriculture : « Qui va produire l’alimentation de demain en Europe ? ». Et une phrase nous a particulièrement interpellés : « Mais les installations de jeunes sont freinées par une multitude de facteurs, allant du revenu insuffisant de la vente des produits agricoles à l’accès du foncier, en passant par les possibilités de financement, a admis Mme Fuentes Merino ».

La section Jeunes de la Coordination Rurale tient à féliciter Madame Fuentes Merino, coordinatrice à la Commission européenne des politiques de développement rural dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), car la CR tire la sonnette d’alarme autour de ces trois sujets depuis bien longtemps.

Installation en agriculture et manque de revenus

Concernant le revenu insuffisant de la vente des produits agricole, il s’agit de l’un des thèmes fondateurs de la Coordination Rurale qui avait vu avant tout le monde que la réforme de la PAC de 1992 serait un désastre pour la profession.
La PAC actuelle constitue une atteinte à la vocation nourricière de l’agriculture et à la souveraineté alimentaire. Cette politique ultralibérale empêche d’atteindre l’objectif d’assurer durablement une alimentation saine en quantité et qualité à nos concitoyens.
Règles de marchés, libéralisation à outrance, concurrence déloyale, déséquilibre de forces entre l’amont et l’aval… le seul critère de la compétitivité a légitimé la PAC depuis 1992 !
La sauvegarde de notre métier et la mise en place d’un revenu équitable et digne pour tous les agriculteurs est indispensable. Aujourd’hui plus que jamais, le projet d’une PAC protectrice et régulatrice assise sur l’exception agriculturelle portée par la Coordination Rurale doit aboutir. À la veille d’une nouvelle réforme de la PAC, il est évident que pour dynamiser nos zones rurales et assurer le renouvellement des générations en agriculture, il nous faut des prix rémunérateurs !

Installation en agriculture et accès au foncier

La section Jeunes de la Coordination Rurale est particulièrement attachée à deux notions fondamentales : le respect du droit de propriété et la liberté d’entreprendre. Or, quiconque a déjà assisté à un comité technique Safer sait que le sort de la plupart des dossiers sont établis en amont et que le syndicat dit majoritaire n’y est pas pour rien.
Entre copinages et cogestion, sans oublier une pointe d’orgueil, bon nombre de dossiers pourtant tout à fait légitimes sont laissés de côté au profit de « fils de » ou « ami de ». Triste réalité contre laquelle la CR lutte d’arrache-pied.
Un autre fléau revient de plus en plus dans nos campagnes : les  pratiques qui court-circuitent la Safer dans le seul but d’avantager des investisseurs dont les objectifs sont de spéculer sur nos terres et défiscaliser. Pour la section Jeunes de la Coordination Rurale, seuls le dossier et les indications technico-économiques devraient pouvoir permettre d’attribuer les terres à tel ou tel candidat. N’oublions pas que les jeunes qui s’installent s’endettent souvent sur des dizaines d’années. Il est de notre devoir de leur donner toutes les clés pour qu’ils puissent démarrer avec un maximum de chances de leur côté.

Installation en agriculture et possibilités de financement

La CR est particulièrement vigilante sur cet aspect de l’installation en agriculture. À l’heure où les capitaux nécessaires à l’installation sont de plus en plus élevés et où la financiarisation de l’agriculture se développe, la Coordination Rurale souhaite permettre aux jeunes installés d’acquérir leur outil de production, condition indispensable au maintien d’une agriculture familiale.
Depuis longtemps, au-delà d’un marché régulé par les prix et les volumes et qui permettrait de retrouver des perspectives de rémunération et donc la confiance des organismes bancaires, la Coordination Rurale propose plusieurs dispositifs pour un effet levier auprès des banques :
• Une DJA revalorisée et non pas liée au projet, et qui redeviendrait ainsi une véritable dotation de trésorerie ;
• Un cautionnement public de 50 % des prêts liés à l’installation.

Pour favoriser l’accès à la propriété foncière, la Coordination Rurale propose :
• Une hyper bonification des prêts contractés à l’installation pour l’achat de foncier, sans plafond ;
• La restauration du crédit transmission ;
• La création des Sociétés foncières pour l’installation des agriculteurs (Sofia) et GFA Territoriaux, permettant l’entrée de capitaux privés et/ou de collectivités territoriales tout en maintenant une majorité des droits de vote aux agriculteurs, et des conditions strictes de rachat des parts.

Par ailleurs, la CR soutient la création d’un prêt d’honneur à taux 0 % pour tous les jeunes installés. Elle demande également l’exclusion systématique de la maison d’habitation des garanties.

 

Tandis que dans la prochaine réforme de la PAC 2022/2027 la Commission européenne propose de consacrer 2 % de la valeur des paiements directs aux installations des jeunes, la section Jeunes de la Coordination Rurale demande le taux de 8 %. En effet, le renouvellement des générations doit être une priorité de cette réforme : il est nécessaire de redonner du sens à notre métier. Tant qu’il n’y aura pas une réelle volonté politique, la déprise agricole qui plombe notre pays ne finira jamais et les jeunes continueront de s’orienter vers d’autres projets professionnels.
La section Jeunes salue donc les propos de Madame Fuentes Merino et espère, à travers ses prises de positions, une réelle prise de conscience de la part de nos dirigeants européens.