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Industriels laitiers français : Ils ont réalisé l’équivalent de 8 années de chiffre d’affaires en 7 ans ! – Bulletin EMB nov/dec 2018

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Industriels laitiers français : Ils ont réalisé l’équivalent de 8 années de chiffre d’affaires en 7 ans ! – Bulletin EMB nov/dec 2018

L’OPL de la Coordination Rurale contribue, chaque mois, au bulletin de l’EMB (European Milk Board). Pour l’édition du mois de novembre / décembre, sa contribution porte sur le chiffre d’affaire des industriels laitiers français. Le bulletin complet est à retrouver ici !

Les industriels laitiers français se portent très bien, d’ailleurs deux d’entre eux (Danone et Lactalis) se trouvent sur le podium du classement des entreprises laitières à l’échelle mondiale.

Entre 2006 et 2016, le chiffre d’affaires annuel cumulé des industriels laitiers français a progressé de 28 % pour atteindre 31,9 milliards d’euros en 2016, alors que sur la même période, le prix payé aux producteurs était au plus bas : moins de 300€/1000L ! En prenant comme référence le chiffre d’affaires de l’année 2010, nous constatons qu’entre 2011 et 2017 la somme de tous les CA annuels supérieurs à l’année 2010 correspond à 31,2 milliards d’euros, soit l’équivalent du chiffre d’affaires de l’année 2016. Cela leur fait donc 8 années de chiffre d’affaires en 7 ans ! Un chiffre qui, ramené au litrage collecté, nous montre que sur cette période le CA des industriels français atteint 1 300 €/1000 L quand il n’est que de 700 €/1000 L pour les industriels allemands !

Chiffre d'affaires industriels laitiers français

Chiffre d’affaires industriels laitiers français (source: section lait CR)

Des pratiques lucratives… dont les producteurs ne récupèrent pas la manne

À la lecture des rapports d’activités des industriels, force est de constater qu’ils entretiennent une réelle opacité au sujet des retombées financières du cracking du lait.

En effet, le lait n’est pas seulement transformé en produits laitiers, il est aussi décortiqué en de multiples sous-produits très rentables. Outre le lactosérum, extrait lors de la fabrication de fromage qui peut être déshydraté et ajouté à la poudre de lait pour fabriquer du lait infantile, les caséines ou le lactose présentent d’autres débouchés intéressants : la fabrication d’entremets, de charcuterie, de papier de luxe, de solvant dans les peintures, la tannerie… Toutes ces activités rentables pour les industriels devraient pouvoir bénéficier aux éleveurs via leur grille de paiement !

Des investissements importants en France et dans le monde

Entre 2012 et 2014, 74 projets sur 250 à l’échelle européenne (soit presque 1/3), portés par 48 entreprises (incluses dans les 143 ayant investi à l’échelle européenne) ont vu le jour en France. Ces projets en France représentent plus d’un milliard d’euros d’investissement sur les 6,4 milliards à l’échelle européenne. L’évolution du nombre d’emplois non salariés en élevage bovin lait est malheureusement à contre-pied de cette multiplication de projets : entre 2010 et 2016, 14 000 d’entre eux ont disparu tandis que 520 emplois salariés permanents étaient créés.

Les propositions de la CR pour un élevage rentable

Outre une régulation, une exception agriculturelle européenne et bien d’autres solutions, la Coordination Rurale prône la regroupement d’organisations de producteurs de type transversal, permettant d’une part une neutralité vis-à-vis des industriels et d’autres part la récupération du pouvoir de négociation perdu au fil du temps par les producteurs.

Par ailleurs, elle requiert l’intégration de ces organisations de producteurs au sein de l’interprofession laitière via la création d’un nouveau collège « OP ». Ce dernier permettrait un rééquilibrage des pouvoirs et une réelle représentativité des acteurs de la production laitière, aujourd’hui représentés en minorité par les syndicats agricoles, face aux collèges industriels, coopératives et bientôt distributeurs !

 

Retrouvez toutes nos convictions ici !

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