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Huile de colza : meilleure pour nos estomacs que pour nos moteurs !

Huile de colza : meilleure pour nos estomacs que pour nos moteurs !

12 questions pour comprendre

1. L’UE est-elle autosuffisante en huiles végétales ? NON  

Au contraire, l’UE est déficitaire à hauteur de 63% pour les huiles, usages alimentaire et énergétique confondus.

2. Le biodiesel européen est-il uniquement produit à partir d’huiles européennes ? NON

La moitié du biodiesel produit en UE est issu de produits importés : seules 4,7 Mt de biodiesel (sur 10 Mt utilisées) sont issues de graines produites en UE.

3. En UE, le débouché majoritairement énergétique de l’huile de colza ouvre-t-il la porte aux importations d’huile de palme ? OUI

Plus l’huile de colza est orientée vers le biocarburant, moins l’UE est en mesure de satisfaire sa demande en huile alimentaire, et plus il faut importer d’huile de l’étranger : 6 Mt d’huiles par an (dont 3,3 Mt d’huile de palme), l’équivalent de 1,6 M d’ha de colza, un peu plus que la production annuelle française.
Les biocarburants créent un appel d’air : plus vous roulerez au colza, plus vous devrez manger d’huile de palme !

4. En France, valorise-t-on les 2/3 du colza en biocarburant ? OUI

Sur 1,5 M d’ha semés => 1 M d’ha partent en Diester
1 ha de colza => 1 900 kg de tourteau
=> 1 000 litres de futur Diester
=> 500 litres d’huile alimentaire

5. L’huile de colza figure-t-elle parmi les plus riches en oméga-3 ? OUI

Elle contient environ 10 % d’oméga-3, protecteurs du système cardio-vasculaire et du système cérébral, anti-inflammatoires, anti-cancer, anti-dépression… Or, la population est très largement carencée en oméga-3 et devrait au contraire en consommer sans modération ! Quel dommage de l’utiliser pour rouler et non pour manger ! Remettons nos huiles sur la table !
A contrario, l’huile de palme, riche en acides gras saturés, n’est pas bonne pour la santé.

6. Le débouché alimentaire serait-il plus rémunérateur pour les agriculteurs que le débouché énergétique ? OUI

Le prix du Diester est dépendant de celui du pétrole, qui ne sera jamais suffisant pour couvrir le coût de production des agriculteurs. En revanche, l’huile de colza alimentaire est 2 fois mieux valorisée et cette valorisation est encore bien supérieure lorsque l’agriculteur presse et vend son huile lui-même.

7. Les agriculteurs sont-ils libres dans le choix de leur carburant ? NON

Les agriculteurs ont l’obligation d’utiliser, pour leurs véhicules de traction, un gazole dit non routier (GNR) mis en place pour écouler le gasoil inutilisable en routier à cause de sa richesse en biodiesel. Le GNR, en plus d’être contraignant, est régulièrement tarifé par les distributeurs 2 € par hectolitre plus cher que le classique fuel domestique.

8. L’interprofession des oléoprotéagineux, Terres Univia, fait-elle la promotion du débouché alimentaire pour l’huile de colza ? NON

C’est tout le contraire : Terres Univia fait tout pour sauver la filière du biodiesel, quoiqu’il en coûte aux agriculteurs. Son plan de filière ne cherche absolument pas à développer le débouché alimentaire, plus rémunérateur, et à mettre en avant les bénéfices de l’huile de colza pour la santé.

9. Le débouché énergétique permet-il à la France et à l’UE de réduire leur déficit en protéines végétales ? NON

Le débouché alimentaire peut y pourvoir exactement de la même façon. Mais en dépit des tourteaux de colza et tournesol qu’elle produit, le déficit en tourteaux de l’UE reste de 65 %. Elle doit donc importer massivement du tourteau (18 Mt) et des graines (14 Mt) de soja pour nourrir ses animaux d’élevage.
L’Europe ne consacre que 18 % de ses surfaces arables à la culture d’oléoprotéagineux alors qu’elle devrait y consacrer au moins 30 % pour assurer son autonomie alimentaire. C’est donc un plan protéines européen basé sur le rééquilibrage de ses productions (céréales/oléoprotéagineux) qu’il faut !

10. Le groupe Avril, leader des biocarburants en France, produit-il tout son Diester à partir d’huile de colza européenne ? NON

Le groupe Avril, présidé par un membre de la FNSEA, a beau jeu de critiquer Total pour son projet d’importer 300 000 tonnes par an d’huile de palme pour sa bio-raffinerie de La Mède : il en importe lui-même 200 000 t/an pour faire tourner ses usines !
Total n’est pas le premier à importer de l’huile de palme : 3,4 Mt sont importées chaque année par l’UE pour produire du biocarburant. En 2016, la France a importé 250 000 tonnes d’huile de palme pour cet usage.

11. Le groupe Avril a-t-il investi et continue-t-il d’investir dans la filière de l’huile de palme ? OUI

Le groupe Avril est en effet lui-même impliqué dans la production d’huile de palme. Avec sa filiale Palm Elit (34 % du capital), il est leader mondial des semences de palmiers à huile. En Malaisie, sa filiale Oleon a créé une joint-venture avec le producteur United Plantations afin de développer une gamme d’émulsifiants alimentaires à base d’huile de palme produite de façon « responsable ».
Déjà impliqué dans les oléagineux au Maroc et au Sénégal, le groupe cherche à investir dans la culture de palmiers à huile en Afrique de l’Ouest afin de rapprocher ses sources d’approvisionnement et de gagner en compétitivité.

12. La Coordination Rurale demande-t-elle l’interdiction des importations de produits agricoles et alimentaires ne respectant pas les normes de production européennes et françaises ? OUI, depuis sa création

L’huile de palme est un bon exemple : déforestation, destruction de tourbières, émissions massives de gaz à effet, disparition de la biodiversité végétale et animale, déplacement des populations autochtones, utilisation de pesticides interdits en France, absence de protection des applicateurs…

Autre exemple : les graines et tourteaux de soja, génétiquement modifiés et désherbés au glyphosate, herbicide qui sera bientôt interdit en France/Europe.

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