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Grippe aviaire : des indemnisations qui ne couvriront pas les pertes

Grippe aviaire : des indemnisations qui ne couvriront pas les pertes

Les éleveurs et gaveurs de canards ont cru se réveiller d’un cauchemar, tout début janvier quand ils ont appris, sans détour, qu’après détection sur le grand territoire Sud-Ouest de quelques cas de grippe aviaire, virus non transmissible à l’homme, ils se verraient contraints de cesser leur activité pour un vide sanitaire. Dès les premières réunions, les représentants de la Coordination Rurale et de la Chambre d’agriculture ont suggéré un vide sanitaire par tiers sur les 18 départements concernés pour éviter le désastre financier qui se profile. Sous la pression de quelques professionnels aux multiples casquettes, décision a été prise de synchroniser l’arrêt de la production et ce, avant de compter.

« L’État va être court et l’Union Européenne cherche des poils sur les œufs pour ne pas payer. L’État renvoie la balle aux Conseils Régionaux qui font des efforts pour ne pas voir disparaître ces productions emblématiques de notre territoire » note Sylvie Girard, Présidente de la CR Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, présente lors des réunions à Paris.

Le virus de la loi NOTRe

Quant au Conseil Départemental de Lot-et-Garonne, touché par le virus de la Loi NOTRe, il annonçait mardi matin à la Préfecture qu’il ne pouvait pas intervenir, si ce n’est sur le volet social en incitant les éleveurs à monter des dossiers de RSA. La Coordination Rurale tient à signaler à nos élus que si les Landes compte des cas de virus H5N1, son Conseil Départemental a été épargné par le virus de la loi NOTRe en versant dès le mois de février une aide de 550 000 € en faveur des éleveurs et gaveurs, ainsi que des avances remboursables d’1,5 million d’euros pour les accouveurs.

Et sur le terrain…

Le dépeuplement touche à sa fin. Dans 3 semaines, plus un seul canard vivant sur la zone réglementée et les producteurs sont toujours dans l’inconnu. Les réunions se sont multipliées à Paris, à Bordeaux, à Agen, les modalités d’indemnisation ne sont toujours pas connues par les intéressés.
La Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) a communiqué sur des généralités : un forfait variable selon les catégories de production  sera appliqué sur un nombre d’animaux non produits par rapport à une année de référence. La CR a pris acte d’un premier versement de 50% fin mai directement versé aux producteurs.
Si la reprise théorique de la production est prévue mi-mai, chacun craint un retard lié à la pénurie de canetons. L’État doit s’engager à couvrir cette période d’inactivité redoutée par les éleveurs. Quant aux représentants professionnels que nous sommes, nous veillerons à ce que les O.P. ne fassent pas de clientélisme lors de l’attribution des lots.

Dans le même temps, de nouvelles mises aux normes s’imposent aux éleveurs et nécessiteront des investissements financiers. Rappelons qu’il est accordé deux ans pour ce faire et qu’en attendant, on voudrait crier «  Foutez-leur la paix, laissez-les travailler » !

Sylvie GIRARD,             
Présidente Coordination Rurale Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes