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Gestion des risques : des réunions déconnectées du terrain

Gestion des risques : des réunions déconnectées du terrain

Ces dernières semaines se tiennent des réunions pour fixer les paramètres chiffrés pour l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance récolte (seuils de déclenchement, taux de subvention de l’assurance, taux d’indemnisation pour les assurés et non assurés…). Tel que cela est présenté, la Coordination Rurale (CR) ne peut être favorable.

La CR a rappelé le besoin prioritaire d’avoir des marchés agricoles organisés dont découleront des prix rémunérateurs. De plus, la priorité doit porter sur la prévention des risques plutôt que sur le paiement des dégâts. L’assurance climatique va coûter cher pour des effets très limités (pour les agriculteurs !), et ne permettra pas à la filière d’honorer ses commandes clients et donc de les fidéliser sur un produit aussi peu élastique que l’alimentaire. La filière sera ainsi prédatrice sur des fonds qui auraient pu être dédiés aux moyens de protection physiques des productions. Autrement dit, l’assurance récolte ne permettra pas de nourrir la population.

La CR le répète, tel qu’ils ont été présentés, ces protocoles consistent en un désengagement de l’État qui impose par défaut aux agriculteurs de souscrire à l’assurance multirisques climatique. Les agriculteurs doivent rester libres de s’assurer ou non. Il est indispensable de promouvoir et de soutenir financièrement les moyens de prévention et de protection afin de garantir les récoltes et de pouvoir nourrir la population. Par ailleurs, des prix rémunérateurs pour les agriculteurs constituent également la meilleure protection contre les aléas climatiques en leur permettant de constituer des réserves. Dans les différents scénarios qui nous sont proposés, aucune solution efficace n’est donnée.

L’assurance multirisque climatique pourrait être intéressante avec de faibles franchises (comme une assurance grêle), avec des indemnités correspondant aux impacts réels (déconnexion actuellement avec les prix du marché) et surtout gérée par l’État lui-même, à partir du moment où la part de financement public devient de plus en plus importante (budget PAC, budget calamités agricoles et soutien public extérieur).

La CR s’opposant à la réforme telle qu’elle est présentée, les discussions se font entre la FNSEA et le Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, et cela sur le taux de la franchise d’une part, et d’autre part sur les taux d’indemnisation pour les non assurés.