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Frédéric Quiclet, rien ne se perd !

Frédéric Quiclet, rien ne se perd !

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Agriculteur en région franc-comtoise, Frédéric Quiclet s’est « re-cyclé » dans le compostage quand une partie de la planète changeait de millénaire. Partie de rien, ils sont aujourd’hui six associés à la tête de trois sociétés de compostage. Les plates-formes d’élaboration du compost sont classées ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) et  réparties sur deux départements : la Haute-Saône et l’Aube.

A l’automne 2001, Bac Pro de Conduite et Gestion de l’Exploitation Agricole en poche, Frédéric décide de consacrer un an à la création d’une entreprise de criblage de compost et de broyage de déchets verts et de bois. Avec son père et son oncle, en GAEC sur une exploitation céréalière, ils ont eu, en effet, l’opportunité de répondre à un appel d’offres pour 8 000 tonnes de déchets verts à composter. Avril 2002, la première société Agri Compost 70 voyait le jour.

A la suite de la création de cette première société, Frédéric décide de faire un BTS force de vente. En avril 2004, il a la chance de pouvoir reprendre les parts d’une associé, parti en retraite, en GAEC avec son père et son oncle. Avec les 45 hectares qu’il a pu louer à un voisin, la ferme familiale compte actuellement 470 ha. Les productions de blé, de colza et de maïs sont stockées et vendues directement à des courtiers et des négociants.

Parallèlement, il s’investit de plus en plus dans le développement de l’activité commerciale, ce qui l’amène aujourd’hui à travailler quasi à plein temps au bureau central des 3 sociétés : Agri Compost 70, Agri Compost Conflans et Agri Compost 10. Ces sociétés tournent à plein régime et emploient une trentaine de salariés en CDI et 5 saisonniers en période d’activité intense.

Une filière complète

Agri Compost traite les déchets collectés sur un gros quart nord-est de la France : déchets végétaux, déchets organiques issus des traitements des eaux, sous produits des usines agroalimentaires, sous produits organiques d’origine agricoles et fraction fermentescible des ordures ménagères. Les composts végétaux réalisés sont conformes à la norme 44 051 (amendements organiques), ceux-ci peuvent donc être épandus en agriculture biologique. Les composts sont également conformes à la norme 44 095, composts contenant des matières d’intérêt agronomique, issues du traitement des eaux. Les boues non conformes à l’épandage sont acheminées dans des centres de traitement thermique afin de produire de la chaleur. Chaque année ce sont plus de 35 000 tonnes de compost qui sont produits.

Agri Compost adhère à l’Association Agriculteurs Composteurs de France qui fixe une charte des bonnes pratiques du compostage. Cette charte impose une plate-forme aux normes, un personnel qualifié, une période de fermentation minimum, la constitution de lots pour un meilleur suivi analytique ainsi qu’une valorisation agronomique adaptée.

Des projets plein la tête

Ses heures, Frédéric a arrêté de les compter depuis longtemps. Avec les investissements de matériel que cela à nécessiter, il doit répondre à un appel d’offres par semaine pour espérer faire tourner les trois sociétés sans trop de soucis. Même si la concurrence est dure avec en face de lui des grands groupes comme Suez Environnement ou Véolia ainsi que des indépendants et des prix des déchets verts qui baissent, Frédéric envisage de développer l’activité de biomasse.

Il songe aussi à regrouper le GAEC familial avec d’autres exploitations pour diminuer les charges de structures et déléguer ainsi la partie technique à un chef de cultures. Il souhaiterait consacrer plus de temps à des activités plus rentables comme la commercialisation des productions céréalières.

Aujourd’hui c’est le plus beau des métiers quand on a pas besoin d’en vivre, j’espère vraiment que la situation actuelle ne durera pas