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France : la loi EGAlim critiquée

France : la loi EGAlim critiquée

L’OPL de la Coordination Rurale contribue, chaque mois, au bulletin de l’EMB (European Milk Board). Le bulletin complet du mois de novembre est à retrouver ici !

Définitivement adoptée le 2 octobre 2018, la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable, et accessible à tous (loi dite Egalim) garde, un an après, un goût amer du côté des producteurs. Les pratiques prédatrices de l’aval et notamment de la grande distribution n’ont pas évolué

Comme anticipées par la Coordination rurale, la loi et les belles promesses n’ont pas permis aux agriculteurs de bénéficier d’un quelconque retour de la valeur dans leur ferme. Le travail de la Commission d’enquête sur la situation et les pratiques de la grande distribution et de ses groupements dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs a permis de dresser un bilan de cette année écoulée. Les députés par ce rapport reconnaissent que la loi qu’ils ont approuvé l’an dernier est inefficace. Ils n’ont par contre pas compris que tant qu’on importera à bas coût (en signant des accords de libre-échange) nos prix resteront bas et les agriculteurs seront toujours soumis à l’autorité de la concurrence.

Contexte dans la filière laitière :

La mise en place du projet de loi EGA était source de beaucoup d’attentes chez les producteurs laitiers, qui voyaient leurs prix de vente chuter quand ceux pratiqués chez les distributeurs ne cessaient de croître. Cela fait en effet de nombreuses années que les marges des industriels et des distributeurs progressent, et ce même en cas de crise chez leurs fournisseurs !

Le rapport annuel de l’Observatoire de formation des prix et des marges (OFPM) au Parlement nous expose la composition du prix des principaux produits laitiers ainsi que leur évolution. L’exemple du lait UHT, qui est le produit le moins élaboré sortie ferme, et qui ne subit donc pas fortement par des variations de charges est très explicite. Il a vu son prix à la consommation passer de 0,59 €/L en 2001 à 0,8 €/L en 2018, soit une progression de 36 %. L’évolution des différentes parts revenant à chaque maillon ont logiquement suivi une inflation, mais de manière complètement déséquilibrée entre les acteurs ! Ainsi, la grande distribution a, entre 2001 et 2018, accru sa marge brute de 100 %, l’industrie de 68 % alors que les producteurs accusent un recul du prix de l’ordre de -12 % ! La période 2014-2017 est particulièrement parlante : le prix payé au producteur a chuté de 41 % quand la marge des industriels a progressé de 32 % et celle de la GMS de 45 % !