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Formation des prix et des marges : et si on s’intéressait aux importations ?

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Formation des prix et des marges : et si on s’intéressait aux importations ?

Tandis que le récent rapport de la FAO démontre qu’en un an les prix alimentaires ont bondi de 40 % au niveau mondial, celui de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), qui vient de sortir, avance pour la France une augmentation des prix à la consommation supérieure à celle de l’inflation.

Avec une hausse continue des charges au niveau des exploitations (notamment aliment du bétail) on comprend que les prix payés aux producteurs ne suffisent toujours pas ! La Coordination Rurale s’interroge sur la responsabilité des importations dans cette insuffisance des prix à la production.

À partir des données de FranceAgriMer, on observe en effet que pour des produits identiques les prix à l’import sont très souvent supérieurs aux prix à l’export. « Pourquoi, par exemple encore en 2020, la crème de lait vrac est importée à 1.85€/kg tandis qu’elle n’est exportée qu’à 0.73€/kg ? » interroge Véronique Le Floc’h, 2e vice-présidente de la Coordination Rurale, qui participe aux travaux de l’OFPM. « Tant qu’on ne se penchera pas sur cette problématique qui inhibe toute volonté de régulation des marchés, toutes les observations, les rapports, les réunions et même les lois franco-françaises n’amélioreront pas la rémunération des producteurs. Déléguer notre alimentation est une folie. Pourtant, on persiste ! ».

Le rapport de l’OFPM conforte nos interrogations quand il indique qu’avec les confinements de 2020 « la perte de chiffre d’affaires du secteur de la restauration hors domicile (RHD) a été estimée à 38 %, alors que les importations de viande de volaille n’ont diminué que de 4,5 % en volume. » Pour la Coordination Rurale, il convient donc d’obtenir de la part des politiques qu’ils agissent pour une transparence totale sur les pratiques de tous les maillons de la transformation mais aussi des distributeurs qui organisent et pratiquent ces échanges et donc condamnent les agriculteurs français !

Depuis la crise de la Covid, la souveraineté alimentaire est devenue un sujet majeur. L’an dernier, Emmanuel Macron proposait d’ailleurs de « produire davantage en France pour retrouver cette indépendance » ; une solution également défendue par la Coordination Rurale qui rappelle que le déficit commercial français en poulet équivaut à 600 000m² de poulaillers, ce qui constitue autant d’investissements potentiels et d’emplois induits !

Nos décideurs doivent être ambitieux : stoppons les importations toxiques et prédatrices et développons les installations d’agriculteurs !