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Fauchage des jachères : l’autorisation arrive trop tard

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Fauchage des jachères : l’autorisation arrive trop tard

Dans un communiqué de presse daté du 26 juillet, le ministre de l’Agriculture se félicitait d’avoir obtenu de la Commission européenne une dérogation permettant le fauchage de toutes les jachères, y compris celles des céréaliers dans 33 départements. Après avoir annoncé une « aide » d’un milliard d’euros pour les agriculteurs face à la sécheresse, qui n’est en fait rien d’autre qu’une augmentation de l’avance (70 % au lieu de 50 %) des aides PAC au 16 octobre, cette mesure permettrait aux éleveurs de disposer d’une plus grande souplesse quant à l’utilisation des terres. La Coordination Rurale ne partage pas l’avis du ministre et regrette que ces mesures n’aient pas été prises plus rapidement.

Un manque flagrant d’anticipation

La Coordination Rurale, prenant la mesure de la situation prévisible pour les éleveurs à l’été 2019, a dès le 5 avril écrit au ministre pour l’alerter des faibles disponibilités fourragères des éleveurs au printemps. Sans réponse de sa part et une nouvelle sécheresse se profilant pour l’été, une relance a été transmise mi-mai pour demander une nouvelle fois la fauche des jachères afin que les éleveurs puissent constituer des stocks. « Il aurait été utile que le ministre prenne en compte nos demandes dès le mois d’avril, car aujourd’hui la valeur nutritionnelle des jachères se rapproche de celle de la paille. Aucun intérêt de donner cela à nos animaux. » indique Alexandre Armel, représentant de la section Viande de la CR et éleveur allaitant dans l’Allier.

Pour la Coordination Rurale, cette dérogation arrive donc bien trop tard. En outre, elle devrait concerner tous les départements pour permettre une plus grande disponibilité. Comme l’an dernier le prix des fourrages va s’envoler, même si le ministre demande de limiter les incorporations de paille dans les méthaniseurs.