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Étiquetage du mode d’élevage : le Conseil National de l’Alimentation propose une expérimentation

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Étiquetage du mode d’élevage : le Conseil National de l’Alimentation propose une expérimentation

L’assemblée plénière du Conseil National de l’Alimentation (CNA) a voté le 8 juillet dernier la mise en place de l’expérimentation d’un étiquetage des modes d’élevage. Ce projet est une réponse à la demande croissante des consommateurs d’être davantage informés sur les modes d’élevage et le bien-être animal. Deux scénarios ont été retenus, sans toutefois faire consensus :

  • Scénario 1 : une expérimentation essentiellement basée sur les produits sous signes officiels de qualité et d’origine (SIQO) qui se baserait sur les cahiers des charges spécifiques à ces productions et ne concernerait donc pas l’ensemble des productions tels que les produits « hors-SIQO ».
  • Scénario 2 : une expérimentation sur tous les modes d’élevage, qui nécessite la définition d’un référentiel qui permettra d’aboutir à un étiquetage simplifié du mode d’élevage. Ce scénario s’inspirerait de l’initiative du groupe Casino qui a construit un référentiel d’étiquetage sur le niveau de bien-être animal (AEABA), lancé en décembre 2018.

 

La priorité doit être la traçabilité intégrale

Pour la Coordination Rurale, l’information aux consommateurs est primordiale afin que ceux-ci puissent faire des choix éclairés lors de leurs achats. Cependant, attention à ne pas instaurer une « usine à gaz » qui pourrait mener vers une fuite en avant de l’information à l’échelle hexagonale sans harmonisation européenne. Pour le syndicat, la priorité aujourd’hui est la traçabilité intégrale de l’ensemble des denrées alimentaires, avec mention du pays de provenance pour chaque composant des produits frais et transformés. Cette mesure paraît essentielle et facile à mettre en place, mais de nombreux industriels la jugent pourtant impossible et y dérogent. La France dispose pourtant du système de traçabilité le plus performant à l’échelle mondiale…

Ces derniers s’accommodent plutôt bien de cette situation et n’ont même aucun intérêt à ce qu’elle évolue : ils peuvent composer avec des produits issus d’importation sans prévenir le consommateur, ou ne renseigner qu’une partie de l’origine des ingrédients lorsque ceux-ci sont élaborés en France. Cela explique sûrement la plainte déposée par le groupe Lactalis contre le gouvernement français à l’encontre de l’expérimentation de l’étiquetage obligatoire de l’origine pour le lait.

Un étiquetage strictement français favoriserait la viande d’importation

La mise en place d’un étiquetage sur les modes d’élevage comporte un biais non négligeable : les viandes issues de l’importation, par manque d’informations, ne seraient pas étiquetées ce qui mènerait vers une hausse de la consommation de viande d’import. Cela créerait une distorsion de concurrence vis-à-vis des éleveurs français et un flou pour les consommateurs, il est donc primordial d’harmoniser la démarche d’étiquetage à l’échelle européenne (permise par la stratégie européenne « Farm to Fork »).

L’idéal serait, dans le cadre d’un marché communautaire, que les cahiers des charges de production soient harmonisés à l’échelle des pays membres de l’Union européenne afin d’inhiber la distorsion de concurrence déjà présente entre éleveurs européens, mais c’est malheureusement loin d’être le cas. Le second scénario comporte également le risque d’une stigmatisation de certains modes de production, infondée et préjudiciable pour une partie des éleveurs. La CR ne souhaite donc pas que ce scénario soit mis en place en l’état.

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