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États généraux de l’alimentation dans le Gers : un partage de valeurs constructif

États généraux de l’alimentation dans le Gers : un partage de valeurs constructif

Dans le cadre des États généraux de l’alimentation, Jean-René Cazeneuve, député de la première circonscription du Gers, a organisé récemment une table ronde au lycée agricole de Beaulieu, en collaboration avec la chambre d’agriculture du Gers. François Durand, président de la CR32 a participé à cette initiative et livre son compte-rendu sur ce « débat intelligent, respectueux et bien mené ».

Jean-René Cazeneuve a introduit le débat en fixant un objectif : réfléchir à notre modèle agricole, qui est usé, fatigué . « Il faut que l’agriculture se transforme. Le but étant d’aboutir à une loi, début 2018, qui permette à agriculture de se développer ».

Deux tables rondes ont été animées par Pierre Buffo (président du Conseil national de l’enseignement agricole privé et ancien directeur d’Avigers). La première : « Créons et partageons la valeur dans le Gers » a débattu sur la refondation du système agricole dans le département.

Joël Boueilh, viticulteur à Plaimont, a insisté sur la nécessité d’une réorganisation des producteurs, qui, depuis 40 ans, sont sur les rails d’une massification de l’offre. Point sur lequel Yannick Ferronato (Biocoop Auch) a rebondi en soulignant que « les groupements de producteurs sont allés au bout de leur logique et doivent aujourd’hui se mutualiser et se regrouper ».
Le directeur du Carrefour d’Auch, Pascal Daligault, pense que l’évolution du chiffre d’affaires passe nécessairement par des produits locaux et une offre bio. « Les consommateurs sont prêts à payer le prix. Par contre ce n’est pas notre politique de tirer les prix vers le bas. ». Ce à quoi Jérémie De Ré, polyculteur et éleveur bio, répond « qu’hélas, le consommateur va en grande surface pour acheter en toutes saisons les produits dont il a envie ».

Concernant les prix de production, Jean-François Fitère, d’UFC-Que Choisir Gers, est persuadé que les circuits courts permettent d’être à l’équilibre des prix pour le producteur et a insisté sur le principe du « né, élevé et abattu dans le Gers », tandis que Simon Faulong de l’ADEL 32 a suggéré l’excellente l’idée d’un étiquetage sur le produit fini qui fasse ressortir la part qui revient à l’agriculteur !

Beaucoup d’idées mais peu d’argent…

La deuxième table-ronde dont le thème était : « Initiatives et synergies locales au service d’une agriculture durable et solidaire » a été introduit par Élodie Bonnemaison (Terra Alter Gascogne) qui a dressé le constat suivant : la demande de produits bios est très largement supérieure à l’offre, ce qui oblige à sortir du département. Même scénario pour la la Banque Alimentaire du Gers représentée par Serge Arquier « nous sommes de plus en plus contraints d’aller nous approvisionner sur le territoire de la région ».

Élodie Bonnemaison a fait remarquer que les collectivités consacrent en moyenne 1,60 € et à 1,80 € par repas scolaire. Avec 10 centimes de plus, on pourrait inclure du bio. Les Projets alimentaires territoriaux (PAT) qui sont une labellisation Région Occitanie pourraient être la solution. De plus en plus d’agriculteurs veulent s’inscrire dans cette démarche. De plus, elle regrette que les foyers ne consacrent que 12,5 % de leur budget à leur alimentation. À ce sujet, François Durand souligne qu’une augmentation de 40 % des prix agricoles, ne pèseraient que 0,5 % sur le budget de l’alimentation du ménage.

Christophe Loison, d’AG2i, a conclu le débat en réunissant les deux tables rondes sur une question : « le problème que nous avons aujourd’hui, c’est que les initiatives sont toutes individuelles. Il faut mutualiser les moyens, mettre en place des structures, telles que des épiceries solidaires, afin de favoriser la distribution. Hélas, nous avons beaucoup d’idées mais peu de moyens. Nous devons nous demander : comment faire pour rapprocher les partenaires et regrouper les synergies ? »

En définitive, pour François Durand, cela a été « un débat bien construit et qui a laissé la parole aux gens de terrain du secteur agroalimentaire gersois, ce qui est rare. Une très bonne initiative dans laquelle je n’ai pas senti de langue de bois.  ».

Une démarche à renouveler donc, et à laquelle la CR32 continuera d’apporter sa contribution.