L'info régionale

Réseaux sociaux

Espèces invasives : une facture plus que salée

Espèces invasives : une facture plus que salée

Les conséquences économiques, écologiques et sanitaires des espèces invasives ont été chiffrées par Franck Courchamp, chercheur en écologie au CNRS. Le montant de la facture mondiale est au minimum de 70 milliards d’euros par an ! Le coût non estimé serait encore plus énorme car certaines espèces et régions n’ont pas encore été étudiées. Premier coupable : le commerce international qui diffuse les ravageurs et maladies sur le globe. Second coupable : le changement climatique.

Si les solutions relèvent de politiques à long terme pour le changement climatique, elles sont par contre extrêmement faciles à mettre en œuvre pour contrer les soucis liés au commerce international.
Car les agriculteurs ont un besoin urgent d’action. Les ravageurs et maladies se multiplient sans que les agriculteurs n’aient de solution pour protéger leurs cultures dans la plupart des cas. Xylella fastidiosa, punaise diabolique, Tuta absoluta, Drosophila suzukii, souchet… sont de véritables plaies pour les cultures de fruits et légumes.

Un plan d’action efficace doit être mis en place

La CR a déjà fait une proposition de plan d’action qui permettrait de sécuriser les échanges, et de préserver la qualité sanitaire des importations :

La mise en place d’une Organisation internationale dédiée à la santé végétale similaire à celle de l’Organisation Mondiale de la santé animale (OIE, ex-Office international des épizooties). Cette nouvelle organisation aurait pour objectifs de garantir la transparence de la situation des maladies végétales dans le monde ; de collecter, d’analyser et de diffuser l’information scientifique phytosanitaire ; d’apporter son expertise et de stimuler la solidarité internationale pour contrôler les maladies végétales, promouvoir le cadre juridique et les ressources des Services Phytosanitaires et ainsi garantir la sécurité sanitaire des aliments.

La déclinaison de cette structure internationale à l’échelle européenne. Face au manque de synchronisation des États membres en termes d’informations sur les organismes nuisibles et les maladies ainsi que sur les moyens de lutte, il est indispensable de mettre en place une plate-forme spécifique à la communauté européenne. Cette structure viserait à informer en temps réel des apparitions d’organismes nuisibles sur le territoire européen et de leur évolution en termes d’expansion géographique, de développement de souches, etc. Ce système de centralisation permanent serait un outil décisionnel qui viendrait en appui de la Commission européenne et permettrait la mise en place d’actions communes de contrôle au niveau des frontières intracommunautaires.

Une « liste positive européenne » des pays exportateurs autorisés, étayée et régulièrement mise à jour. Cette liste serait établie par une commission commune à tous les États membres sur la base d’audits effectués pour chaque pays souhaitant exporter vers l’Union européenne. Ces audits afin de contrôler l’efficacité des analyses et des contrôles mis en place par les organismes de sécurité sanitaire locaux. Parallèlement, les pays autorisés seraient sélectionnés selon leur niveau de risque à détenir des organismes nuisibles pour une liste de plantes hôtes définies préalablement.