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Dérogation néonicotinoïdes : la CR demande un assouplissement des conditions trop contraignantes

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Dérogation néonicotinoïdes : la CR demande un assouplissement des conditions trop contraignantes

Alors que le Ministre de l’Agriculture a annoncé la mise en consultation publique, entre le 4 et le 25 janvier, du projet d’arrêté autorisant provisoirement l’utilisation des néonicotinoïdes pour la betterave (1). La Coordination Rurale a tenu à écrire à Julien Denormanidie pour demander l’assouplissement des mesures de restrictions sur les cultures qui suivent dans la rotation. En effet, conformément à l’avis de l’Anses du 23 décembre, après la culture de betterave, traitée aux dits produits, il est possible d’implanter notamment, l’année suivante : avoine, blé, orge ; deux ans après : maïs, pomme de terre ; trois ans après : colza, féverole, luzerne, pois, tournesol.

La Coordination Rurale se félicite de cette dérogation d’utilisation des néonicotinoïdes, mais les conditions qui l’entourent sont bien trop contraignantes pour nos exploitations. Pourquoi ne pas avoir opté pour une réduction de grammage du produit autour de la semence comme le préconisait l’Institut technique de la Betterave (ITB) ? En effet, selon l’ITB en conservant 50 % du dosage, la semence resterait efficace contre le puceron. Cette solution permettrait de ne pas introduire de contraintes trop lourdes aux effets collatéraux trop dommageables. En effet, pour des raisons agronomiques évidentes nous fonctionnons avec des rotations culturales. L’impossibilité d’effectuer une culture de colza dans les deux ans qui suivent la culture de betterave est particulièrement contraignante dans la gestion de nos assolements et la préservation de nos sols.

De plus, la mise en place de couverts végétaux est, en l’état, extrêmement compromise puisque la plupart de ces couverts sont des cultures à fleurs (Vesce, Phacélie, Trèfles, etc). Pour tous les agriculteurs travaillant avec des méthodes de conservation du sol, leur enfouissement avant floraison est impossible. De plus, en cas de stress hydrique, certaines plantes se développent particulièrement rapidement et atteignent le stade de floraison au bout d’un mois. La vie du sol pourrait donc être fortement réduite par ces restrictions.

Si les abeilles doivent être protégées, force est de constater que l’application de ces restrictions risque de diminuer leur ressource alimentaire. En effet, les cultures de colza sont souvent les premières denrées alimentaires des abeilles à la sortie de l’hiver, et les inter-cultures fleuries sont des ressources importantes pour tout pollinisateur. Les agriculteurs comprennent la volonté de réduire une cause supposée de mortalité des abeilles mais, à terme, ces restrictions risquent de les priver de leurs ressources alimentaires, dont le manque constitue précisément une cause avérée prépondérante de leur mortalité.

Compte-tenu des difficultés économiques mais aussi des risques écologiques que peut engendrer la mise en place de telles restrictions, la CR a ainsi demandé au ministre de bien vouloir reconsidérer le grammage utilisé pour le traitement de semence afin de pouvoir assouplir ces mesures. Il a été demandé a minima de lever l’interdiction d’implanter des cultures de colza deux ans après la culture de betterave et de mettre en place des couverts végétaux fleuris en inter-culture entre la deuxième et la troisième culture de vente.

(1)« La mise sur le marché et l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives Imidaclopride ou Thiamethoxam sont autorisées pour une durée de 120 jours »