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Dégâts de gibier : retour à la case départ !

Dégâts de gibier : retour à la case départ !

Le vendredi 16 octobre, un nouveau cycle de concertation sur la régulation du sanglier a été inauguré. Après 3 années de discussions inabouties entre chasseurs et agriculteurs, sous l’arbitrage du ministère de la Transition écologique, le diagnostic est toujours le même : les populations et les dégâts de sanglier explosent ! Espérons que les réunions suivantes aboutissent cette fois aux mesures concrètes et opérationnelles que les agriculteurs attendent !

Moins il y aura de sangliers, moins il y aura de dégâts !

En 2000, les FDC ont été chargées de l’indemnisation mais l’équation financière n’est plus tenable, d’autant que 30% des territoires sont peu ou pas chassés et que le nombre de chasseurs a fortement diminué (1,8 million en 1985, contre 1 million aujourd’hui).

La FNC cherche donc à faire participer d’autres acteurs au financement des dégâts (46 M€ ; 2019 est une année record), à leur prévention (6 M€) et aux frais administratifs (25,4 M€). Selon elle, les agriculteurs doivent se responsabiliser, car seulement 30% d’entre eux sont encore chasseurs.

La cartographie des dégâts montre que 9% des communes totalisent 75% du montant des dégâts. Mais il y a plusieurs biais :

suppression des petits dossiers par l’effet du seuil d’indemnisation modifié en 2013 ;
– sous-estimation récurrente des dégâts par les estimateurs des FDC ;
– non prise en compte de certains préjudices (matériels, clôtures, animaux blessés, agroforesterie, pailles, etc.).

Pour la CR, c’est avant tout une question de régulation : moins il y aura de sangliers, moins il y aura de dégâts.

Pour mémoire, la CR préconise une obligation de résultat !

La CR fait de plus remarquer que les points noirs sont définis différemment d’un département à l’autre (CDCFS). Elle rappelle que les plans de chasse et les bracelets sont des outils de conservation des populations empêchant toute régulation digne de ce nom.

Alors que la FNC vante les mérites de la taxe à l’hectare (censée pousser les territoires à mieux réguler), la CR préconise depuis longtemps la mise en place d’une politique basée sur une obligation de résultat. Si l’État doit être appelé en renfort pour le financement, auquel participerait donc le contribuable, il n’y a aucune raison qu’il n’impose pas des objectifs contraignants aux FDC en termes de prélèvements, sanctionnés par des opérations de régulation administratives en cas de non atteinte.

Si les nouvelles pratiques de conservation des sols (non labour) attirent les sangliers et intensifient les dégâts, dans le même temps, elles sont favorables au petit gibier et les agriculteurs sont tenus de respecter les règlementations environnementales imposant une couverture végétale des sols.

Le bien-fondé de l’agrainage fait aussi débat, car il s’apparente souvent à du nourrissage. Les chasseurs estiment pour leur part qu’en l’absence de glandée suffisante, cet agrainage est indispensable afin d’empêcher les sangliers de sortir des bois et de retourner les parcelles agricoles.

Un représentant des chasseurs estime que la chasse étant fermée lors des semis de printemps, période pendant laquelle les dégâts sont importants, il paraît nécessaire que le sanglier devienne chassable toute l’année. On progresse…