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Déclin des populations d’oiseaux et haro sur les agriculteurs, victimes eux aussi de déclin !

Déclin des populations d’oiseaux et haro sur les agriculteurs, victimes eux aussi de déclin !

Selon deux études, les populations d’oiseaux auraient perdu en moyenne un tiers de leur effectif en 15 ans. La Coordination Rurale juge ce constat inquiétant mais est profondément choquée par la légèreté de l’analyse des causes de ce phénomène et par les nouvelles accusations portées sur le monde agricole ! La condamnation sans appel de l’agriculture repose-t-elle sur une analyse scientifique sérieuse ?

En effet, si les causes ne sont pas correctement identifiées comment pouvons-nous endiguer le problème ? Ne s’agit-il pas d’un problème multifactoriel ? S’est-on interrogé sur d’autres raisons de ce déclin ? Comme par exemple l’artificialisation des sols, les mises aux normes hygiénistes, la circulation automobile, la fin de la traction animale, l’explosion de la population de chats sauvages et des prédateurs des oiseaux en général, les maladies, le changement des couloirs migratoires, etc. ?

Il faut aussi considérer l’impact très négatif des busards relâchés par la LPO et qui exercent une forte prédation sur les petits oiseaux de plaine, comme les passereaux, les alouettes. Ce sont des oiseaux rapaces qui se nourrissent de jeunes oiseaux. Le déséquilibre entre espèces pourrait donc être une cause du problème.

En outre, il ne faut pas oublier que même en zone de grandes cultures, on trouve des espèces d’oiseaux rares, comme l’alouette calendrelle. Cela est connu parce que des associations écologistes affiliées à France Nature Environnement proposent aux agriculteurs des diagnostics de biodiversité. En outre, les agriculteurs œuvrent à la préservation des bordures de champs cultivés, jouant un rôle important dans le maintien des populations de perdrix grises qui y nidifient. Ces bordures contiennent de la biodiversité, par exemple la fleur centaurée, qui n’est pas rare mais intéressante pour les pollinisateurs tels que les syrphes, papillons, abeilles et bourdons.

Par ailleurs, concernant les pratiques agricoles il y a effectivement à redire puisque les contraintes imposées par la France et l’Europe vont parfois bien à l’encontre de la biodiversité en poussant les agriculteurs à la spécialisation des cultures pour essayer d’être plus compétitifs. Et considérer qu’une des causes de ce phénomène tient à la fin des jachères obligatoires et à la « flambée »  du prix des céréales en 2008 relève pour le coup d’une mémoire de moineau : avant 1993 il n’y avait pas non plus de jachères obligatoires que l’histoire jugera comme un accident causé par l’eurocratie. Quant au prix des céréales dans ces années d’avant 1992, il était très correct pour les agriculteurs et il semble que les oiseaux s’en portaient bien aussi !

Il convient également de s’interroger sur les CIPAN obligatoires depuis 2014. Ces cultures intermédiaires pièges à nitrates sont des couverts monospécifiques obligatoires dans les zones vulnérables destinées à capter les nitrates du sol entre deux cultures. Ainsi, entre août et novembre, il y a dans ces zones un couvert, généralement de moutarde totalement uniforme. L’impact sur la faune et notamment sur les oiseaux migrateurs est réel puisque l’administration, du fait de cette réglementation, a supprimé les zones de nourrissage pour les oiseaux migrateurs (vanneaux huppés et d’alouettes) qui stationnaient à cette même période et qui se nourrissaient de vers dans les plaines ouvertes (sols nus).

Pour avoir de la biodiversité, comme son nom l’indique, il faut de la diversité des territoires. Les réglementations contraignantes qui obligent tous les agriculteurs à faire la même chose au même moment sont responsables de ce déclin. Il est temps de libérer les agriculteurs de ces carcans administratifs qui les empêchent de faire leur travail dans le respect des règles agronomiques qui est aussi celui de l’environnement.