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En crise, les producteurs de grains sont les grands perdants des comptes de la nation

En crise, les producteurs de grains sont les grands perdants des comptes de la nation

La Commission des comptes de l’agriculture de la nation vient de rendre son compte prévisionnel de l’agriculture pour 2016 avec, comme nous nous y attendions, des chiffres catastrophiques pour les producteurs de grains, et ce pour la 3e année consécutive. L’organisation des producteurs de grains (OPG) de la Coordination Rurale alerte une nouvelle fois le ministre de l’Agriculture sur la grande fragilité qui menace les exploitations en grandes cultures. Il doit enfin entendre la détresse des agriculteurs les plus atteints en leur apportant une aide déterminante autre que des nouveaux prêts bancaires qui vont finir de les asphyxier.

Le secteur des « céréales » verrait son chiffre d’affaires baisser de 30,9 %, cumulant une perte du volume de 23,9 % et une chute des prix de 9,2 %. Pour les oléagineux et protéagineux, la perte en valeur serait de 11 %.

Ces mauvais résultats sont la conjugaison des mauvaises conditions climatiques et d’une dégradation constante des marchés des matières premières agricoles. Toute règle d’organisation y ayant disparu, une baisse de production supérieure à 30 % en blé tendre n’a eu aucune incidence positive sur le prix de cette céréale. Certaines régions ont été particulièrement exposées à cette dégradation des conditions de culture mais toutes subissent la baisse des cours.

Dans sa communication, le ministère de l’Agriculture annonce comme stables les subventions sur les productions végétales. En réalité, ces chiffres cachent de grandes variations dues à une nouvelle répartition des aides Pac qui fragilise les uns sans apporter de sécurité aux autres. Cette baisse des aides aux grandes cultures demeure programmée pour les années à venir.

Toutes les exploitations agricoles spécialisées en grandes cultures sont en déficit en 2016 et 30 % d’entre elles cumulent un déficit depuis 3 années. Les marchés qui devaient initialement assurer la rentabilité de ce secteur sont prévus durablement à la baisse. Nos coûts de production ne permettront plus jamais de rivaliser avec de nouveaux concurrents comme l’Ukraine qui déverse ses excédents au sein de l’UE. Comme l’OPG ne cesse de le rappeler il est d’une extrême urgence de réformer la Pac en protégeant les marchés européens et nos agriculteurs par une exception agriculturelle.