L'info régionale

Réseaux sociaux

Crise du porc : une volonté d’aider insuffisante et trop tardive

Crise du porc : une volonté d’aider insuffisante et trop tardive

Julien Denormandie a annoncé, le 31 janvier, un plan d’urgence afin de soutenir les élevages de porcs. Trois dispositifs d’aides seront débloqués pour un total de 270 M€.

Les éleveurs sont en pleine crise, du fait de l’effondrement du cours du porc mais aussi de la flambée des coûts des matières premières.

Une première enveloppe de 75 M€ sera versée d’ici 15 jours via les préfectures et ciblera en priorité les exploitations en extrême difficulté. Le montant maximal de l’aide sera de 15 000 euros par exploitant, si tant est que les producteurs n’aient pas déjà épuisé leurs enveloppes d’aide minimis. « Cette aide de 15 000 € sera versée sous condition de plus de 80 % d’endettement et pour les éleveurs ayant demandé un PGE. Cette aide représente une semaine d’aliment pour un élevage de 200 truies. C’est évidemment insuffisant pour sortir la tête de l’eau ! » s’indigne Anne Renouard, responsable de la section Porcs de la Coordination Rurale.

Une deuxième enveloppe de 175 M€ est prévue. Les critères d’accès à cette aide devraient être définis dans les mois à venir, mais elle sera probablement conditionnée à un engagement de contractualisation dans le cadre de la loi EGAlim.

Contrairement à la filière, la Coordination Rurale a pour ambition de défendre les agriculteurs et non des volumes produits. Aujourd’hui, l’Europe est autosuffisante en porcs à hauteur de 128 %. Il faudrait descendre à 116 % pour aboutir à un marché assaini.
La production européenne aurait dû être régulée depuis longtemps. Aujourd’hui, cette régulation se fait au détriment des éleveurs.

Qui peut dire si la situation s’améliorera dans les 6 prochains mois ? C’est pourquoi, dans le cadre de la seconde enveloppe de 175 M€, la Coordination Rurale demande un encadrement des aides non-remboursables vers les éleveurs et un possible plan de cessation pour permettre aux éleveurs qui le souhaitent d’arrêter leur élevage dans de bonnes conditions (pré-retraites ou autre).

Les aides promises ne sont pas suffisantes et ne permettront pas de sortir les éleveurs de la crise. Même si nous reconnaissons la volonté d’aider, celle-ci ne rassure pas tant la situation est grave.