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Crise agricole : les producteurs de grains ne sont pas mieux lotis que les éleveurs

Crise agricole : les producteurs de grains ne sont pas mieux lotis que les éleveurs

Alors que depuis juillet les éleveurs expriment leur désarroi, les producteurs de grains, à l’heure de la récolte et des comptes de campagne, voient se profiler pour la 3ème année consécutive une campagne pour laquelle leurs comptes seront dans le rouge. La CR et l’OPG rappellent au ministre de l’Agriculture qu’aujourd’hui ce sont toutes les productions qui subissent des conditions économiques difficiles. La crise agricole prend une dimension dramatique : il est urgent de valoriser le travail des producteurs à travers des mesures européennes et nationales.

La commission des comptes de la nation l’a bien dit

Ce n’est plus une nouvelle pour personne : les revenus des producteurs de grains ne cessent de diminuer chaque année. Ainsi, en 2014, le revenu courant avant impôt (RCAI) des producteurs de céréales, oléagineux, protéagineux a perdu 11,4 % par rapport à la campagne précédente, pour se situer à 16 400 € alors que la moyenne des exploitations françaises est de 27 200 €.
« Pour 2015, les agriculteurs ne disposent que de deux paramètres pour remonter leur compte d’exploitation : les rendements et les prix. Deux paramètres que les agriculteurs subissent plus qu’ils ne les orientent : la météo et la bourse étant aujourd’hui les deux boussoles qui donnent l’orientation », explique Nicolas Jaquet, président de l’Organisation des Producteurs de Grains de la CR.

2015 des résultats de production dispersés

Alors qu’en mai les cultures d’hiver se présentaient favorablement, les deux mois de grosses chaleurs qui ont suivi ont porté un coup fatal aux régions les plus exposées à la sécheresse et aux sols les moins profonds. Le rendement moyen national revu dernièrement à la hausse par certains organismes ne doit pas occulter la réalité : 2015 est une année très « moyenne » en termes de rendement et les cultures d’été (maïs, tournesol, sorgho, soja,…), encore en terre, risquent d’être elles aussi impactées par les fortes températures et la sécheresse estivales.

2015, des prix décevants

En juillet, les marchés des matières premières agricoles ont bien débuté la campagne avec le bruit de fond de quelques accidents climatiques sur la planète et les déboires de la bourse alimentés par la crise grecque. Ces bonnes dispositions ont été très éphémères, l’armada des offices de statistiques ont apporté les corrections nécessaires pour ramener le prix des céréales dans la fourchette basse.

2015, des aides à la baisse

2015 sera également la première année de la nouvelle PAC. Les aides compensatoires vont encore baisser et la complexité des dossiers mis en place se traduira très probablement par un versement tardif du solde. En conclusion pour 2015 : rendements moyens, prix bas, aides diminuées.

Leurs trésoreries rendues exsangues par deux mauvaises années successives, les producteurs de grains grossiront certainement les colonnes de manifestants en septembre.