L'info régionale

Réseaux sociaux

Création d’un observatoire de l’agribashing en Seine-et-Marne

prosulfocarbe

Création d’un observatoire de l’agribashing en Seine-et-Marne

Afin de lutter contre la stigmatisation grandissante de l’agriculture, le ministère de l’Agriculture a lancé au printemps 2019 la création d’observatoires départementaux de l’agribashing. Le dispositif a été installé en Seine-et-Marne lors d’une réunion à la Préfecture le 31 décembre dernier.

Madame Abollivier, la Préfete, présidait cette réunion où 2 agriculteurs de la CR77 étaient présents (Mme. Agnès Henry, Présidente, et M. Patrick Clogenson, Vice-Président) ainsi qu’un représentant des renseignements généraux (RG), M. Sébastien Guérinot, Président des Jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne (JA 77) et M. Laurent Bedu pour représenter la DDT. Il y avait également des représentants de la gendarmerie ainsi que le procureur de la république.

La réunion a commencé par une définition : l’agri-dénigrement, terme à privilégier plutôt qu’agribashing, désigne la stigmatisation de l’agriculture.

D’après la préfecture, il y a 15000 plaintes d’agriculteurs recensées en France en un an, ce qui représente 2 faits par heure. Il y a une baisse de 15% des plaintes en Seine-et-Marne, notamment par rapport au réseau de vol de GPS qui a été démantelé.

Les néoruraux ont des difficultés à s’adapter et mènent des campagnes calomnieuses.

Il y a récemment eu la mise en place de la cellule Demeter pour une coopération efficace avec la gendarmerie concernant les délits envers des agriculteurs. Un acte est considéré comme une agression s’il entraîne plus de 8 jours d’arrêt de travail.

Les RG ont parlé des délits réalisés par des associations antispécistes qui considèrent les animaux comme des personnes, comme par exemple ALF (front liberté animal), Paris Animal Save (13 interventions à l’abattoir de Meaux), L214 (affaires avec les chasseurs, cirques, abattoirs, exploitations d’éleveurs). Les actes commis peuvent être violents.

Agnès Henry de la CR77 dit que l’association L214 est financée par les GAFA (Amazon, Google…) ainsi que les fabriquants de viande de synthèse. Selon elle, il faudrait assécher financièrement au maximum ces associations pour les empêcher de nuire en réduisant leurs moyens d’action. Elle dénonce également le fait que la part des matières premières dans l’alimentation achetée en grande surface ne représente plus que 3% du budget des consommateurs dans la valeur du caddie.

Le représentant des JA répliquent que l’Etat stigmatise les agriculteurs et qu’il y a un double discours entre celui de l’administration et celui du ministre. On fabrique les associations par les médiatisations.

Il est proposé que les nouvelles populations rurales qui s’installent et qui n’y connaissent rien puissent s’expliquer avec les agriculteurs et que des chartes de bons voisinages soient signées.

Pour les produits phytopharmaceutiques, certains sont interdits en agriculture alors qu’ils sont autorisés pour les particuliers.Il faudrait donc voir pour l’élaboration d’une charte d’usage agricole et non agricole par l’organisation syndicale représentative, mais il n’y a toujours pas de date pour la faire.

La gendarmerie dit que si la cohabitation est trop difficile avec certains riverains il ne faut pas hésiter à déposer plainte ou une main courante. S’il y a des dégradations par des quads ou des motos il peut y avoir saisie des matériels.

Les dégradations des postes de chasse sont considérées comme délit. La gendarmerie va surveiller les personnes et les interpeller. Il y avait un réseau comme cela d’ultra gauche dans l’Yonne avec des dégradation sur le matériel de la FDC.

Les délits ne ciblent pas seulement les agriculteurs mais également la ruralité.

Le vol est un véritable mal-être de l’agriculture, notamment avec celui des GPS. Il y a donc eu la création d’une cellule nationale : Demeter.

La police a besoin de la remontée des informations. Il faut également équiper les exploitations de caméras et le matériel de trackers. La Coordination Rurale réagit en demandant avec quel argent financer ces équipements.

La préfecture précise que la cellule Demeter allie justice et renseignement. Un abattoir mobile est prévu pour l’expérimentation afin d’éviter le stress des animaux ainsi que les attaques des communautés antispécistes.

Patrick Clogenson est intervenu à propos des ZNT : « Comment le riverain pourra-t-il savoir et discerner si l’on épand une substance préoccupante ou non ? D’autant que l’un comme l’autre peuvent sentir aussi mauvais, l’odeur ou la couleur ne sont pas des indicateurs auxquels les riverains peuvent se fier pour en déduire quoi que ce soit.

Les riverains ne savent également pas que les agriculteurs utilisent des buses anti-dérives, comment peuvent-ils en être informés ?

Les ZNT représentent une perte de rentabilité des exploitations ainsi qu’une perte de compétitivité et de concurrence par rapport aux autres pays.

Au moment de l’épandage, si le vent se lève brusquement, comment fait-on pour respecter les ZNT ? Surtout que lorsque le mélange est fait il peut perdre de son efficacité.

Il n’y a pas plus de risques de maladies pour les riverains que pour les agriculteurs, c’est même plutôt le contraire, les agriculteurs sont ceux qui ont le moins de cancer d’après les études statistiques.

Ne vaudrait-il pas mieux interdire les importations non-conformes à nos cahiers des charges comme le stipule l’article 44 de la loi Egalim ? Aujourd’hui seul 1 contenair sur 5000 est contrôlé ! Les importations d’OGM et de viandes ne sont pas suffisament contrôlées. Les pays dont sont originaires ces importations ont-ils des ZNT, la qualification HVE et des normes aussi strictes que les nôtres ? S’il n’y a pas de contrôle significatif aux frontières, il ne faut pas qu’il y en aie chez nous non plus, les proportions sont loin d’être respectées !

Les produits ménagers sont également autant voire plus dangereux que ceux des agriculteurs utilisés en bonnes conditions, certaines molécules sont même interdites en agriculture désormais alors qu’elles restent autorisées pour les particuliers.

Patrick Clogenson a terminé en abordant son revenu très faible et inférieur au SMIC faute de prix rémunérateurs. Les agriculteurs ont besoin de prix et non d’aides ! Il demande alors combien touchent les gens autours de la table, question restée sans réponse.

Le glyphosate est utilisé en agriculture en France à raison d’1L/ha avant de semer alors qu’en Amérique c’est de l’ordre de 12L/ha et sur la récolte !

Il termine son intervention en affirmant que l’INRA n’aide pas assez les agriculteurs au niveau de la recherche pour développer des alternatives viables. »

Voici l’article sur le site de la Préfecture ainsi que le communiqué de presse définissant les différents éléments de cette réunion.