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Coup de gueule d’un adhérent : pourquoi toujours l’agriculture ?

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Coup de gueule d’un adhérent : pourquoi toujours l’agriculture ?

On nous mène en bateau, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Les politiques nous mentent. On nous parle d’écologie et on demande aux agriculteurs de faire beaucoup d’efforts ! Mais qu’en est-il du reste de l’économie ?

Encore une fois, l’argent passe avant tout. Prenons par exemple la voiture électrique dont les batteries sont extrêmement polluantes pour un temps de fonctionnement indéterminé. Les batteries contiennent des métaux rares dont l’extraction et la raffinage entraîne de fortes pollutions et des problèmes humanitaires graves. La pollution est ainsi déplacée dans les pays pauvres, à l’abri des regards. 

Et quel sera le prix de l’électricité quand toutes les voitures seront électriques ? Le transport de biens et de personnes est un problème récurrent croissant. La vallée du Rhône en est un exemple type.

Je suis né au bord d’une voie ferrée sur la rive gauche du Rhône et j’ai connu la circulation ferroviaire à son apogée. En effet, il passait un train de soixante wagons toutes les trois minutes en journée et, intercalés entre ces convois de marchandises, des trains de voyageurs toutes les trente minutes. Aujourd’hui, on passe notre temps à doubler des files ininterrompues de camions et dans le même temps, on va fermer la ligne ferroviaire de fret Perpignan-Rungis sous prétexte que les wagons sont « désuets »… Cette fermeture représentera 60 000 camions supplémentaires. La SNCF, à travers l’argent des régions et de l’État, ne cesse d’investir pour l’amélioration des lignes et des gares et pourtant on continue de nous dire que le train ne peut pas concurrencer la route.

D’autre part, vous souvenez-vous que lorsqu’on voyait une traînée d’avion dans le ciel, on faisait un vœu. Aujourd’hui, on pourrait en faire toute la journée. Un avion consomme six tonnes de kérosène à l’heure. Et quand est-il du transport maritime ? Lui aussi est un pollueur important. Il faut 10 000 tonnes de carburant pour un aller-retour Asie-Europe. Sans compter les bateaux de croisière… tout cela entraîne plus de 50 % des émissions de particules fines dans certaines zones côtières. Sans ajouter les 500 000 bateaux particuliers de plaisance en France. Un yacht de 60 mètres consomme 900 litres de carburant à l’heure pendant que 24 % des français n’arrivent plus à payer leur fioul pour l’hiver.

Un agriculteur utilise 101 litres de GNR par hectare et par an. Mais a-t-il le choix ? Où est l’erreur ?

Un train sur nos voies = 60 camions et moins de gaz à effet de serre. Nous avons des infrastructures que nous avons payées mais que nous ne rentabilisons pas. L’autoroute rapporte à ses actionnaires et rien à l’État. D’autant plus que 46,5 % des particules fines émises par le transport routier est du à la dégradation des pneus et se retrouve ensuite dans les océans. Or il n’existe toujours pas de dispositif pour réduire les émissions de particules fines liées à ce phénomène… C’est 7 millions de personnes par an dans le monde qui meurt à cause des particules fines…

Je vous laisse réfléchir et tirer vos conclusions.

Jean-François BOMBRUN,

Administrateur CR07