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COP 21 sur le climat : l’agriculture est une vraie solution pour un faux problème !

COP 21 sur le climat : l’agriculture est une vraie solution pour un faux problème !

La 21e conférence des nations unies sur les changements climatiques se tient à Paris, du 29 novembre au 11 décembre. Au banc des accusés : l’agriculture, avec 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Elle est pourtant le seul secteur économique (avec la forêt) à fixer du carbone. Davantage de CO2 dans l’air améliore la croissance des plantes, leur permettant ainsi de stocker encore plus de carbone. L’agriculture est donc une solution à ce que l’on nous présente comme étant un problème…

 

Selon Arvalis, 1 ha de blé capte entre 2 à 8 fois plus de CO2 qu’il n’en a été émis pour le produire !

Diaboliser le carbone est bien mal rendre justice à son rôle irremplaçable. Absorbé et transformé en sucres par la photosynthèse, le carbone est un aliment indispensable à la vie végétale. Mais les études dressant le bilan émissions/absorptions lié à croissance des plantes agricoles sont quasi-inexistantes.

 

Un article intitulé « Energie et effet de serre : l’impact positif des grandes cultures », publié par Arvalis en 2007, essaie de dresser un bilan énergétique, certes très approximatif, mais cependant instructif.
Pour la culture d’un hectare de blé de 85 quintaux, 12 000 à 17 000 mégajoules sont consommés. Mais une fois à maturité, cet hectare de blé équivaut à 180 000 mégajoules renfermés dans le grain et la paille, soit 10 à 15 fois plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour le produire.

 

Le cycle du C dans les sols d’un agroécosystème cultivé et les volants d’action

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Source : INRA

 

Le bilan carbone est également positif puisque l’hectare de blé en capte 2 à 8 fois plus qu’il n’en a été émis pour le produire.
Il est regrettable que le Groupe intergouvernemental d’étude sur le climat (GIEC) néglige cette capacité de stockage au motif qu’elle n’est que de court terme.

 

1 ha de blé injecte 450 à 600 kg de carbone dans le sol !

Dans un article plus récent, Valoriser la fonction de puits de carbone des cultures1, Arvalis aborde la restitution de carbone au sol par les pailles et racines : « 7,5 à 10 tonnes de paille et racines produisent 1,1 à 1,5 tonne d’humus stable dans le sol. Cela représente un stock de 450 à 600 kg de carbone, soit 1 650 à 2 200 kg eq CO2 par hectare. On parle ainsi de « puits de carbone ». » Pour les prairies, le stockage annuel est estimé à plus de 700 kg C/ha.

 

Arvalis prend soin d’ajouter que « plus la biomasse produite est importante et les résidus restitués au sol, plus ce phénomène est valorisé. »

Il est dommage qu’Arvalis oublie de préciser qu’on pourrait obtenir une encore meilleure fixation du carbone en diversifiant les assolements notamment par le développement des cultures de protéagineux comme la luzerne, en arrêtant de retourner les prairies pour y produire des céréales aux dépends des bovins allaitants qui voient leur viande concurrencée par les viandes blanches produites avec des céréales et du soja. C’est encore une vertu du projet agricole de la CR qui s’oppose à celui du système syndicalo-économique subi depuis les années 80 et orienté vers l’export.

 

Augmentation du taux de CO2 : une aubaine pour la production agricole !

Chaque année, la proportion de CO2 dans l’atmosphère s’accroit de 2 ppm2, dont 0,4 ppm sont imputables à l’activité humaine , la barre des 400 ppm étant bientôt atteinte.

 

La végétation est tellement avide de dioxyde de carbone qu’elle en diminue la concentration atmosphérique pendant sa période de croissance. Cela se vérifie dans l’amplitude de l’oscillation saisonnière du taux de CO2 qui décroit fortement au printemps et en été. Cette amplitude est plus forte en 2013 (6 ppm) qu’en 1959 (5 ppm), variation qui s’explique par une captation accrue de CO2 par la végétation.

 

Amplitude de l’oscillation saisonnière du taux de CO2 entre 1959 et 2013

5 ppm en 1959, 6 ppm en 2013

amplitude-co2

Source : F. Gervais

 

Certains auteurs ont tenté d’évaluer financièrement le service rendu par un supplément de carbone dans l’air. Dans un rapport publié en 2013, Craig Idso chiffre le bénéfice de l’augmentation du taux de CO2 pour la production agricole mondiale à 3 200 milliards de dollars depuis 1961.

 

Un autre rapport publié par Indur Glokany en 2015, évoque un bénéfice de 140 milliards de dollars par an. Des centaines d’expériences démontrent que les plantes poussent plus et plus rapidement si elles sont exposées à un taux plus élevé de CO2. Sur les dernières décennies, 17% de l’augmentation des rendements de blé seraient dus au seul effet de l’augmentation du taux de CO2. Un doublement de son taux permettrait un accroissement du rendement en blé de 44%.

 

Rappelons que les serristes achètent du CO2 pour améliorer la croissance des plantes, par exemple pour la production de tomates, avec des réponses de croissance bien connue, à des taux de dioxyde de carbone atteignant cinq fois la concentration actuelle de 395 ppm.

 

Enfin, d’après les mesures satellites, la productivité de la biosphère a augmenté d’environ 14% depuis 1982.

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Source : I. Glokany

 

Un autre rapport publié en juin 2009, « Climate Change Reconsidered », indique qu’avec une hausse du taux de CO2 de 300 ppm, les rendements augmentent de la façon suivante :

 

Moyenne des augmentations de rendement observées par culture, avec un taux de CO2 de 700 ppm

Culture Augmentation de rendement Nombre d’études réalisées
Riz + 34% 137
Blé + 33% 214
Maïs + 21% 20
Colza + 63% 12
Orge + 41% 15
Tournesol + 41% 13
Soja + 48% 162
Pois + 33% 11
Carotte + 78% 5
Tomate + 152% 2
Café + 271% 2
Ananas + 168% 3

Très rares sont les plantes à ne pas en profiter ! Cette externalité positive du dioxyde de carbone tombe à pic, lorsqu’en 2015, près de 800 millions de personnes souffrent encore de la faim, soit 1 être humain sur 9.

 

Certains rétorqueront que si le CO2 est bon pour les plantes, il est mauvais pour le climat. Mais une telle affirmation est sujette à caution.

 

Le climat réel ne valide pas les modèles virtuels !

Depuis 1999, le réchauffement climatique effectue une pause alors que les émissions de gaz à effet de serre sont en augmentation. Le GIEC parle lui-même de « hiatus ».

 

Les prévisions effectuées par l’intermédiaire de modèles informatiques (courbes colorées sur le graphique), axés sur le rôle du carbone dans le réchauffement climatique, sont quasiment toutes supérieures à la variation de température effectivement mesurée (courbe noire).

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Source : I. Glokany

 

Les modèles sont donc extrêmement pessimistes par rapport à la variation de température réellement constatée.

 

Le graphique ci-dessous est un récapitulatif des valeurs de sensibilité climatique TCR (augmentation de la température de la Terre au moment d’un doublement du taux de CO2 dans l’air) et ECS (même chose une fois l’équilibre atteint quelques centaines d’années plus tard) publiées dans des revues internationales à comité de lecture, portées en fonction de l’année de publication.

 

Prévisions d’augmentation de la température revues à la baisse par les climatologues

graphique-de-gervais

Source : François Gervais

 

François Gervais, physicien et professeur à l’Université de Tours, montre ainsi que les climatologues revoient sans cesse leurs prévisions à la baisse. Ces prévisions présentent une chute, rassurante, d’environ 10 % par an !
En effet, le climat réel ne valide ni les modèles de climat virtuel ni un risque de réchauffement supérieur à 2°C par émissions de gaz à effet de serre.

 

Les modèles « tout CO2 », ignorant les cycles naturels liés à l’activité solaire, ne décrivent pas correctement le climat, ni du siècle dernier, ni de ce siècle.
Certains auteurs, comme le physicien et mathématicien Nicola Scafetta (Université de Duke, Caroline du Nord), relient plutôt température et activité solaire. Pour plus de précisions, nous renvoyons le lecteur à cet ouvrage de François Gervais : L’innocence du carbone, l’effet de serre remis en question, publié chez Albin Michel en 2013.

 


1 Arvalis Infos
2 ppm : parties par million – 1 ppm équivaut à 0.0001 %. D’après les mesures du carbone 13 atmosphérique, seul un quart des émissions serait d’origine humaine, soit 0,4 ppm chaque année.

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