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Coopératives : le mythe de la solidarité ?

Coopératives : le mythe de la solidarité ?

A l’origine, les coopératives agricoles ont été imaginées pour une mutualisation efficace des outils de productions, de conditionnement, de stockage ou encore d’approvisionnement en semences et autres intrants …
Les coopératives, sont des sociétés de personnes et l’un des principes fondateurs de la coopération est « une personne, une voix ». Ainsi, quel que soit le nombre de parts que peut avoir un adhérent, sa voix est aussi prépondérante que celle d’un autre adhérent.

Des coopératives à la remorque des privés

Solidarité, équité, sécurité,… des valeurs que certains agriculteurs ne retrouvent pas chez leur coopérative actuelle. C’est le cas de Jean-Paul Vuilliot, président de la Coordination Rurale de l’Aisne (02), qui déplore : « Elles ont oublié leurs valeurs et leur origine ! Il ne faut quand même pas oublier qu’elles ont été créé par des agriculteurs ! »

Il faut bien le constater, les adhérents de certaines coopératives ne s’y retrouvent pas. « Les acomptes sont bas et, avec des prix d’engrais qui explosent, comment les agriculteurs peuvent-ils payer leurs intrants pour la campagne à venir ? Pour le moment, ils livrent leurs récoltes à perte ! »

Le cas Cérèsia

Les adhérents chez Cérésia depuis plusieurs années s’inquiètent pour leur coopérative.
Effectivement, chez Cérèsia, par exemple, les acomptes blés ont été mis à 150€ puis remontés quelques jours après à 200€. Alors que chez le négociant juste de l’autre côté de la route, ils sont à 220€.
Les adhérents ne comprennent pas ces gros écarts de prix. A cette tarification opaque, s’ajoutent parfois des »provisions », jugées exagérément élevées, dès qu’un critère de qualité n’est pas atteint.
Une situation de nature à fragiliser encore plus les agriculteurs qui rencontrent des difficultés de trésorerie.

« Comment la coopérative peut -elle expliquer cet écart ? Où est l’esprit coopérative ? » se demande Jean-Paul Vuilliot
« On s’aperçoit que la coopérative est à la remorque des négociants alors qu’elle devrait être en tête sur les prix. » rajoute-t-il.

« Nous sommes déjà en encours par rapport aux intrants, nous n’avons pas le choix ! Mais là c’est la double peine, nous devons encore avoir confiance alors que les acomptes sont faibles, et les prix de marchés sont pourtant élevés ! » réagit Damien Brunelle, membre de la Coordination Rurale de l’Aisne et président de France Grande Culture.

Après la publication du rapport de la mission parlementaire sur les coopératives agricoles, rendu en février 2022 et listant un certain nombre de propositions pour améliorer la gouvernance et l’attractivité des coopératives, il semble en effet, que plusieurs freins restent en effet à lever avant une mise en œuvre concrète de ces recommandations.

« C’est parce que nous sommes attachés à nos coopératives que l’on s’inquiète. » rajoute Damien Brunelle.