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Conversion bio : l’administration responsable de désastres humains

Champs © Gabriel Jorby

Conversion bio : l’administration responsable de désastres humains

Dans un communiqué de presse du 12 mars, le ministère de l’Agriculture indiquait sa volonté de « faire de la France le premier pays bio d’Europe » en conservant les aides à la conversion sur une durée de 5 ans.

Quelle belle ambition de vouloir passer de 6,5 % à 15 % de surfaces agricoles converties en agriculture biologique d’ici 2022 mais la Coordination Rurale s’interroge : ce chiffre est-il arbitraire ou réfléchi vis-à-vis des besoins du marché français ? La CR met en garde sur les mesures « d’affichage » qui peuvent nuire aux développement de la bio en France.

Il existe aujourd’hui un véritable fossé entre les annonces du gouvernement et ce qui se passe concrètement sur le terrain comme le rapporte Pierre Bretagne, adhérent CR « Je suis agriculteur à Villeneuve en Retz où j’élève des vaches allaitantes de race Parthenaise et en production de veaux sous la mère, en conversion bio depuis 2015. Après les épisodes, malheureusement bien connus, des ATR et des plafonnements rétroactifs, en février 2019 j’ai enfin reçu ma lettre de paiement des aides bio 2016 et surprise, en plus des 3 ans d’attentes qui ont mis en danger la survie de mon exploitation, le montant de mon paiement n’atteint pas celui qui m’avait été annoncé. Après de nombreuses sollicitations la DDTM daigne me répondre en m’indiquant que les règles ont changées en cours de route. Comment faire notre prévisionnel ? Comment dire aux fournisseurs et banques que finalement on ne touchera pas ce que l’on nous avait assuré ? Et quand j’ai eu le malheur de protester il m’a été répondu que si j’insistais mon dossier pouvait atterrir en bas de la pile…

Elle est belle la promotion d’une agriculture plus vertueuse… 3 ans pour instruire des dossiers gérés n’importe comment et au final ça retombe sur l’agriculteur. Le pire c’est que nous sommes des milliers dans cette situation. Alors que le Gouvernement arrête avec ses belles paroles, car sur le terrain on est livré à l’abandon, on pourrait même penser à du sabotage mais derrière ces dossiers ce sont des hommes et des femmes qui essayent de s’en sortir ! »

Pour lire le témoignage de Pierre Bretagne en intégralité, cliquez ici.