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Contractualisation obligatoire : le premier qui bouge a perdu

Blonde d'aquitaine

Contractualisation obligatoire : le premier qui bouge a perdu

Le bel idéal de la loi Egalim 2 sur la rémunération des producteurs se heurte depuis début janvier à la réalité du terrain. Obligatoires depuis plus d’un mois pour les ventes de bovins, peu de contrats, voire aucun, n’ont été signés. En effet, tous les acteurs de la filière sont attentistes et personne ne veut s’engager. La filière semble être prise dans le jeu « 1, 2, 3 soleil », où le premier qui bouge a perdu.

La section Viande de la Coordination Rurale (CR) s’étonne d’ailleurs que les coopératives qui peuvent appliquer les conditions de rémunération des éleveurs directement dans leurs statuts sans passer par la contractualisation restent muettes. Tant qu’elles ne s’engageront pas pour rémunérer leurs adhérents, la situation restera inchangée.

Pour la Coordination Rurale, il semble que le temps soit déjà venu pour le législateur de réviser cette loi certainement trop idéaliste et franco-française. En effet, si le gouvernement souhaite réellement qu’elle s’applique et soit en mesure d’améliorer la situation des producteurs, il est indéniable qu’elle nécessite des aménagements pour y apporter plus de souplesse. Les responsables de la CR entendent bien le discours des défenseurs de la loi, au premier rang desquels le ministre de l’Agriculture, qui font de l’obligation contractuelle la pierre angulaire de sa réussite. Cependant, la CR demande que la contractualisation ne s’applique qu’à hauteur de 70 % de la production de chaque élevage ainsi qu’une meilleure prise en compte des spécificités de certains marchés afin d’améliorer l’acceptation de cette mesure.

La section Viande de la CR légitime ces demandes par le fait qu’elle permettra aux éleveurs de mieux adapter leur production sur certains segments de marché (vente d’animaux maigres ou d’animaux de boucherie ou encore reproducteurs par exemple) si la totalité de leurs ventes n’est pas engagée. De même, ils pourront orienter vers les marchés aux bestiaux des animaux ne correspondant pas aux attentes de leurs acheteurs habituels, sans avoir à dénoncer leur contrat, ce qui permettra le maintien indispensable d’une souplesse de marché.

Sur le papier, Egalim 2 est certes prometteuse, mais il est urgent d’y remettre les mains pour la rendre applicable et en espérer les effets.