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Construire une stratégie d’exportation : et l’agriculteur dans tout ça ?

Colloque Agridées export céréales

Construire une stratégie d’exportation : et l’agriculteur dans tout ça ?

L’OPG et la CR ont participé à un colloque organisé par le think tank Agridées sur la stratégie exportatrice de la France en matière céréalière, mardi 22 janvier.

L’ensemble constitue une sorte de remake du plan de filière d’Intercéréales, certes plus honnête sur le constat, à savoir que la France ne tiendra plus très longtemps face à des concurrents tels que la Russie et l’Ukraine. L’Algérie reste un client fidèle de la France mais pour combien de temps encore ?

Des solutions identiques à celles du plan de filière d’Intercéréales

Il faut des gains de compétitivité à toutes les étapes, plus de massification (coopératives géantes) et en même temps, plus de segmentation de l’offre afin de mieux répondre à des cahiers des charges spécifiques de clients africains et moyen-orientaux.

D’une logique de flux poussés par l’offre (la production), il faut passer à une logique de flux tirés par la demande du client.

Mais dans ces pays où les appels d’offres sont souvent publics, le prix est l’élément déterminant, à qualité égale. La recherche variétale doit s’orienter sur les besoins du client final et non sur le seul rendement.

Actuellement, les OS favorisent les blés panifiables supérieurs alors qu’il faudrait davantage diversifier (ex : blés autres usages, blé blanc…). Mais que se passera-t-il si l’Ukraine et la Russie (qui veulent d’ailleurs attirer et copier le savoir-faire semencier français) se mettent aussi à segmenter leur offre ?

Quel avenir pour les céréaliers ?

La CR et l’OPG ont demandé aux intervenants quel avenir ils entrevoient pour les céréaliers, qui vendent presque tous les ans en dessous de leur coût de production (160-200 euros, à comparer avec le coût de production russe de 80 € !).

Réponse à plusieurs voix : l’agriculteur doit se restructurer, s’intéresser davantage au débouché, améliorer son coût de production car le prix mondial restera directeur. A l’heure où l’interprofession céréalière vient de déterminer ses indicateurs de coûts de production pour répondre à l’injonction de la loi EGAlim, cela est à méditer !

L’agriculteur n’avait de toute façon pas sa place dans un tel colloque. Le seul intervenant agriculteur était… le président de France Export Céréales !